Les Brèves

    La municipalité écarte la donation Cligman, et retient le Jeu de Paume

    Culture

    C’est un bras de fer qui s’est joué il y a quelques jours entre Serge Babary, maire de Tours, et Léon Cligman, ancien industriel, qui voulait faire don à la Ville de centaines d’œuvres d’art d’une valeur de plusieurs millions d’euros. Si au début le maire a accueilli à bras ouverts la proposition du riche nonagénaire, au fil des mois, le dossier s’est rapidement compliqué... Explications.

    Par Marie DEROUBAIX 


    « Quand on négocie, il y a un moment où on ouvre la porte et on s’en va. » C’est ce qu’a fini par faire Serge Babary il y a quelques jours, faute de trouver un compromis avec Léon Cligman. Celui-ci avait proposé de faire don de sa collection d’œuvres d’art à la Ville. Le château de Tours avait été le lieu choisi pour l’accueillir. Se composant de quatre étages, les œuvres de l’ex chef d’entreprise devaient s’étaler sur deux de ses étages. Les deux autres niveaux, eux, ont besoin de travaux et Léon Cligman se proposait de les réaliser à ses frais. Les expositions du Jeu de Paume se voyaient précipitées vers le chemin de la sortie durant ce laps de temps. Ni une ni deux, l’organisateur d’expositions photos avait décidé d’expatrier sa prochaine programmation, prévue en juin, à Arles. Mais dans cette vaste cacophonie, nul n’avait vu le coup de théâtre qui allait se jouer. À la veille du conseil municipal du 20 mars, le maire reçoit « un document nouveau » qui a tout remis en cause. Dedans, Léon Cligman y exige que les œuvres soient léguées non plus à l’État et à la Ville comme il était initialement prévu, mais à un fonds de dotation créé pour l’occasion. Concrètement, cela permettrait au nonagénaire d’avoir un « droit de regard sur les autres expositions temporaires accueillies au château », explique Serge Babary, avant d’expliquer qu’il s’agit « d’exigences qui n’étaient pas celles du départ ». Hors de question pour le maire de céder à cette pression. Il a alors décidé d’arrêter les frais : « Faire des travaux au château de Tours ne veut pas dire devenir propriétaire des lieux ! » Pour Christine Beuzelin, adjointe à la culture, le millionnaire voulait que « le château de Tours devienne le musée Cligman. Mais sans exposition temporaire, il n’y a pas de renouvellement de clientèle. » C’est donc naturellement que le Jeu de Paume est revenu sur le devant de la scène. La volonté actuelle de Serge Babary est « d’assurer la bonne continuité avec les partenaires qui nous ont fait confiance. » Dès le mois de juin, le château de Tours accueillera finalement bien un artiste présenté par le Jeu de Paume. Son nom devrait être révélé dans les prochains jours. Puis, en novembre, on revient au calendrier initial avec Lucien Hervé. La convention qui scelle le Jeu de Paume et la Ville s’étend jusqu’en 2018, mais il certain que la municipalité ne risque plus de lâcher de sitôt l’organisateur d’expos fétiche des Tourangeaux. 

    Les Brèves