Les Brèves

    Foire de Tours, plus grande plus forte !

    Commerce et festivité

    La Foire de Tours est la plus imposante dans son domaine de la région Centre-Val de Loire. Et le succès de son édition 2017 conforte Tours comme une place forte de l’animation commerciale.

    Par Philippe Hadef

    La Foire de Tours annonce les chiffres. Des chiffres « à la louche » mais dont la tendance se confirme partout. Avec l’édition 2017, on atteint des sommets – entre 250 et 300 000 visiteurs – alors que la morosité ambiante aurait tendance à faire ralentir la fréquentation de bon nombre d’événements commerciaux du même type.

    Une fréquentation qui fut tellement forte, vendredi et samedi en soirée, qu’il a fallu fermer les portes du village avant l’heure prévue compte tenu de l’affluence qui devenait impossible à maîtriser sauf à couper le flux. Ce sont les spectateurs du Tours FC qui en ont fait les frais car nombre d’entre eux avaient prévu de venir trinquer à la foire.

    C’est en tout cas la démonstration, s’il en fallait une, que l’espace de convivialité qui accompagne l’événement commercial joue à plein son rôle pour la grande joie des dizaines de lieux de restauration qui alimentent cet espace imaginé comme un village. Un village qui, chaque soir, a pu également se mouvoir aux sons de concerts qui ajoutent encore à l’aspect festif du lieu et en fait une destination à privilégier.

    Pour Denis Schwock, président du directoire de Tours Événements, cette réussite est aussi la démonstration « que le travail paye ». La gratuité joue aussi un rôle non-négligeable. Tout comme les aménagements réalisés qui ajoutent encore au confort des visiteurs. Cette foire, la plus importante en taille et en fréquentation de la région Centre-Val de Loire profite également de l’adjonction de la fête foraine permettant ainsi de créer un pôle familial à la dimension d’une métropole l’espace de quelques jours.

    Quand le temps est un allié…

    « Le seul inconvénient », confesse Denis Schwock, « c’est la sensibilité de l’événement aux conditions climatiques. Il n’y a pas une foire sans un jour de pluie ». D’autant qu’à l’inverse, cette année, avec un week-end prolongé et après une année qui a été exsangue dans ce domaine au mois de mai, il aurait suffi d’une chaleur estivale pour voir les visiteurs déserter la foire pour investir les campagnes ou les bords de mer.

    On l’aura compris, le parfait équilibre est toujours complexe et dépend de paramètres incontrôlables. Mais, pour 2017, les dieux du commerce étaient visiblement penchés sur la Foire de Tours et les conditions météorologiques ont encore accentué l’attractivité du lieu.

    La décoration est également un atout pour cette manifestation qui est capable de créer un paquet cadeau spécifique afin de dépayser les visiteurs. Même les toilettes dans l’espace consacré à Minéapolis, l’invité de la foire, avaient des allures de building ! Un espace, notamment dédié aux nouvelles technologies, qui a reçu un très bel accueil.

    Quant au bilan des exposants, il reste toujours aléatoire à réaliser. Tout au plus peut-on sentir l’humeur global. Et sur ce terrain, quelques signes laissent à penser que chacun y a trouvé son compte. « J’ai croisé hier », ajoutait Denis Schwock, « un installateur de cuisine tout sourire qui m’expliquait avoir battu son record de vente à la foire de Tours ». Un exemple isolé, certes, mais qui dans ce type d’activité donne une tendance appréciable sur la capacité des Tourangeaux à réaliser des investissements conséquents en profitant de l’étalage de nombreuses offres dans un même lieu. « Il est vrai », conclut le directeur du parc exposition, « que pour beaucoup, la présence à la foire c’est d’abord la possibilité de capter l’attention d’un nombre important de visiteurs ».

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    • Acheter sans se faire posséder

      L’une des inquiétudes majeures des visiteurs – et plus encore de ceux qui évitent ce genre de lieu – c’est l’agressivité supposée des vendeurs. Il est vrai que dans cet espace fortement concurrentiel il ne faut pas rester passif pour avoir une chance d’attirer l’attention. Mais, dans certains cas, cela va plus loin… trop loin. « Quand on a pu les identifier, nous refusons ces commerçants les années suivantes » commente Denis Schwock qui connaît l’impact négatif que ce genre de vente agressive peut générer pour son événement.

      D’ailleurs, cette année, pour la première fois, un stand de médiateurs a été initiée. « Il y a parfois le consommateur qui a l’impression de s’être fait forcé la main mais aussi celui qui, après coup, se fait influencer par son entourage et change d’avis ». Dans tous les cas, le dialogue permet souvent de trouver une conclusion heureuse. « 90 % des quelques problèmes rencontrés, sur la masse des ventes réalisées en toute conscience et pour la satisfaction de l’acquéreur et du vendeur, ont trouvé une issue satisfaisante », ajoute-t-il. Au point que, « nous allons renouveler l’année prochaine cette expérience des médiateurs ».

      Pour la CLCV 37, association de défense du consommateur, c’est la législation qui n’est pas généralement appliquée. Notamment concernant l’affichage sur l’absence de délai de rétractation pour les achats réalisés dans les foires et salons (sauf crédit affecté). « Depuis le 1er mars 2015, les professionnels qui vendent sur une foire doivent avertir le consommateur de cette absence de possibilité de se rétracter au moyen d’un affichage visible », explique l’association tourangelle. C’est sur cette « visibilité » que visiblement le bât blesse parfois. « Le bilan est très mitigé et nous avons informé la direction de la foire ».