Les Brèves

    Vignobles de Touraine : de nouvelles gelées qui perturbent l’équilibre

    Environnement

    Pour la deuxième année consécutive, les vignerons du département doivent faire face aux dégâts provoqués par le gel. Des coups durs à répétition qui ne sont pas sans conséquence pour la filière. Analyse.

    Par Marie DEROUBAIX

    « Cette année, il semblerait que l’on ait perdu 20 % de la récolte à cause du gel », estime Guillaume Lapaque, directeur de la fédération viticole du département (FAV 37). Mais il s’agit là d’une moyenne, qui cache des réalités plus dures : « un peu partout dans le département, on a des cas individuels de vignerons qui ont presque tout perdu. » Le printemps 2017 reste pourtant moins dévastateur que celui de 2016, qui avait fait en moyenne perdre la moitié de leur récolte aux vignerons. Les dégâts ont été estimés à 150 millions d’euros. Le nouvel épisode de gelée printanière qui vient de se dérouler en Indre-et-Loire a donc ravivé les tensions. « Nous sommes habitués à des gels radiatifs, sur une seule nuit, mais cela fait deux années de suite que l’on a des gels advectifs, c’est-à-dire des courants d’air froid qui descendent du pôle, ce qui n’est pas commun pour notre région. Et surtout, ils durent longtemps, l’an dernier nous avons eu trois nuits de gel, et cette année cinq ! Quand on interroge la mémoire des vignerons, il faut remonter à 1945 pour connaître une pareille situation », s’alarme le directeur de la FAV 37, avant de s’interroger sur un potentiel dérèglement climatique.

    L’appellation Azay-le-Rideau la plus touchée cette année

    Les gelées printanières 2017 ont fait le plus de dégâts sur l’appellation Azay-le-Rideau, avec environ deux tiers des vignes sinistrées. Touraine-Amboise a également perdu la moitié de sa production. Les vignobles de Montlouis et du Noble-Joué déplorent quant à eux 40 à 45 % de pertes, et cela diminue à 25 % pour Bourgueil. Enfin, les AOC Chinon, Vouvray et Touraine sont les moins touchées, avec 15 % de zones endommagées. Si ces chiffres sont plus faibles que l’année dernière, c’est que d’importants efforts ont été menés par les vignerons pour lutter contre ce fléau : « On a mis le paquet sur les moyens mis en œuvre », confirme Guillaume Lapaque. Une étude financée par la Région Centre-Val de Loire, et réalisée par les chambres d’agriculture, a notamment permis de faire le point sur les différents moyens de protection qui existent, sur leur coût et leur efficacité par rapport à une zone géographique particulière. Cela a permis à l’Indre-et-Loire d’être, cette année, le premier département français à utiliser massivement des hélicoptères pour lutter contre le gel, comme c’est le cas au Canada et en Nouvelle-Zélande. Les autres techniques employées sont les tours anti-gel, les canons à air chaud, l’aspersion ou encore le système traditionnel des bougies. Mais pour mettre un plan d’action complètement efficace, il faudrait débourser 17 millions d’euros. Alors forcément, des subventions seraient les bienvenues...

    Les Brèves