Les Brèves

    Comment la profession peut-elle faire face ?

    Environnement

    Face à ces pertes de récoltes, comment les vignerons peuvent-ils s’organiser pour survivre ? Quelles stratégies sont-ils en mesure d’adopter pour déjouer les pièges de la nature et de ce fléau nommé gel ?

    Par Marie DEROUBAIX

    « Notre meilleure assurance contre le gel est d’avoir des stocks. Le problème, c’est que là, c’est fini, il n’y a plus de stocks ! », s’exclame Guillaume Lapaque, directeur de la fédération viticole du département (FAV 37), avant d’ajouter : « C’est une question qui va se poser à nouveau à moyen terme : savoir comment on reconstruit les stocks, et comment on fait pour les gérer. Mais aujourd’hui malheureusement, dans beaucoup d’endroits, il faut adopter une nouvelle stratégie, comme pour l’appellation Montlouis-sur-Loire qui n’a plus une goutte de stock. Certains ont d’ailleurs dû acheter du raisin dans d’autres régions car il n’y a plus rien. » Pour Anastasia Rocque, conseillère viticole à la Chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire, les assurances peuvent être une solution : « Ça permet aux vignerons d’avoir, malgré les pertes de récoltes, un gain financier à la fin de l’année. Mais peu d’entre eux ont des assurances car elles coûtent cher. En plus, les assurances se calculent sur la base des récoltes des dernières années, qui sont souvent de petites récoltes ! » Malgré les difficultés, Anastasia Rocque insiste sur l’importance de « maintenir la vigne en production pour que l’an prochain, elle puisse à nouveau faire du raisin ». Mais en attendant, comment rebondir ? Faut-il augmenter les prix de vente ? Anastasia Rocque explique que ce n’est pas la bonne stratégie à adopter, en vue de la concurrence : « la Loire n’est pas seule sur le marché. » La conseillère viticole finit par lâcher que « concrètement, il n’y a pas beaucoup de solutions aujourd’hui pour les vignerons qui ont perdu leur récolte. » Seul espoir ? Utiliser des armes anti-gel : « Les gels de printemps deviennent récurrents, avec des pertes de récoltes significatives, il devient donc important d’investir dans des équipements, qui seront vite rentabilisés. » Le poste d’Anastasia Rocque consiste ainsi à orienter les vignerons vers la solution anti-gel la plus adaptée pour eux. Guillaume Lapaque, lui, a bien une idée qui pourrait décharger les vignerons et les aider à reconstituer une réserve : « Dans une perspective à long terme, nous avions demandé l’an dernier, avec beaucoup d’insistance, à ce qu’il y ait des modifications fiscales pour cesser de fiscaliser nos stocks. Nous avions reçu l’ensemble des parlementaires du département, députés et sénateurs confondus, de droite comme de gauche, qui avaient tous prêté une oreille extrêmement attentive à notre demande. Nous ne demandions pas une baisse d’impôts, mais un décalage des impôts ! Mais les parlementaires n’ont pas réussi à obtenir une modification de la loi sur ce point. »

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