Les Brèves

    Jean-Patrick Gille : « La ville a ralenti son activité »

    Tours

    Suite à la conférence de presse de mi-mandat du maire Serge Babary, nous avons demandé au socialiste Jean-Patrick Gille, ancien député d’Indre-et-Loire, de donner sa vision sur les actions entreprises depuis trois ans. Il avait également été le premier adjoint au maire sous Jean Germain puis, élu de l’opposition avant de devenir conseiller régional en décembre 2015, rôle qu’il occupe encore aujourd’hui.

    Par Marie DEROUBAIX

    Si Serge Babary insiste beaucoup sur l’état catastrophique des finances lorsqu’il a repris la tête de la mairie, Jean-Patrick Gille rappelle que cette situation date du mandat de Jean Royer : « C’est un boulet qu’on se traîne depuis Royer. À l’époque, Serge Babary était d’ailleurs son adjoint à l’économie. Quand nous avons été élus en 95, nous avions déjà un immense mur de dettes. On était la deuxième ville la plus endettée de France. » Le socialiste estime que l’équipe municipale à laquelle il appartenait avait réussi à « lisser la dette ». Il explique toutefois que son montant était tellement énorme qu’elle a dû être renégociée avec des emprunts in fine. Seule erreur qu’il reconnaît ? « Un emprunt malheureux en fin de mandat, comme ça a été le cas pour beaucoup d’autres villes à l’époque. » Pour lui, « s'il y a une part de responsabilité de la municipalité précédente dans l’état actuel des finances, ce litige porte sur une somme de l’ordre de 10 à 15 millions, alors que l’encours de la dette est environ de 224 millions », et de conclure : « la vraie difficulté, c’est que Tours est un peu comme la Grèce ! »

    « Il faut avoir des projets, ils ne sont pas assez créatifs ! »

    Pour Jean Patrick Gille, la manière dont la municipalité actuelle gère ces difficultés financières depuis trois ans n’est pas la bonne : « Ils ont choisi de baisser d’un tiers l’investissement de la ville. Cela a des effets directement sur l’économie locale. La ville a ralenti son activité. » Exemple ? « La deuxième ligne de tramway aurait dû être engagée tout de suite, maintenant il va y avoir un surcoût. » Autre point qui fait polémique, la deuxième partie des travaux du site Jean de La Fontaine, et notamment de la maternelle, qui n’ont pas été engagés pour laisser la priorité à la création d’une nouvelle école au quartier des Deux Lions : « La priorité devrait être l’école Jean de La Fontaine. Mais ce sont des choix électoraux et sociologiques, c’est une sorte de mépris pour les gens de Tours Nord alors qu’on favorise les quartiers plus huppés. » Pour le socialiste, l’équipe municipale devrait également avoir plus d’idées : « Il faut avoir des projets, ils ne sont pas assez créatifs ! », regrette-t-il. Il juge aussi qu’elle devrait « se battre sur les emplois à l’hôpital et contre la fermeture des bureaux de poste. »

    Parmi les autres reproches que l’on entend souvent à l’encontre du maire, on retrouve le manque de concertation. Jean-Patrick Gille explique : « Ils sont restés à une conception très datée de la concertation, qui est en réalité de l’information, comme l’a montré la réunion au Sanitas. Ils n’ont pas compris qu’il y a une attente beaucoup plus forte des gens ! » Il regrette également que la majorité soit « divisée, depuis le début ». Et la question de savoir si le maire se présentera aux élections sénatoriales ne risque pas d’arranger les choses, puisque si tel est le cas, les potentiels successeurs risquent de se battre...

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