Les Brèves

    Classes de CP à 12 : comment se préparent les communes ?

    Indre-et-Loire

    Le premier volet de la promesse d'Emmanuel Macron de réduire à 12 élèves les classes de CP et CE1 des écoles de réseaux d'éducation prioritaire (REP) et d'éducation prioritaire renforcée (REP+) s'appliquera dès la rentrée 2017, avec les CP de REP+. En Indre-et-Loire, cela concernera six classes : quatre à Joué-lès-Tours et deux à Saint-Pierre-des-Corps. Comment les collectivités vont-elles s’organiser pour mettre en place cette mesure ? Réponses. 

    Mignonne et Rotière. Ce sont les deux écoles de Joué-lès-Tours concernées par le dédoublement des classes de CP à la rentrée. « Chacune a deux CP, il nous a donc fallu trouver deux salles supplémentaires dans chacun des deux établissements », détaille l’adjointe à l’éducation de la commune, Aude Goblet. Un travail qui s’est avéré pas si délicat : « Là où on a eu de la chance, c’est que ces deux écoles avaient encore quelques salles de vide », explique l’élue, avant d’ajouter : « ce sont des salles un peu plus petites, qui ne peuvent pas accueillir une classe normale, mais comme on est sur un effectif de 12 à 13 élèves, elles pourront servir à faire le dédoublement. Elles servaient avant aux réunions, ou étaient utilisées par les postes PARE, reliés au dispositif plus de maîtres que de classes qui avait été mis en place il y a quelques années. » Si Aude Goblet se veut sereine pour le moment, elle a tout de même quelques inquiétudes pour la suite du programme que le président de la République veut déployer : « On s’en est sorti pour cette fois-ci, mais si on doit faire le même processus pour les classes de CE1, on va rencontrer plus de difficultés. »

    Des dépenses supplémentaires

    Côté équipement, la municipalité de Joué-lès-Tours a prévu des dépenses supplémentaires de l’ordre de « 6 000 à 8 000 euros » pour installer des tableaux dans les nouvelles classes, sans compter « tout le matériel relatif à l’activité du professeur ». Un surcoût imprévu qui ne posera toutefois pas de problème : « Nous gardons toujours un budget pour d’éventuelles ouvertures de classe qui pourraient intervenir sur la ville, donc ce budget sera alloué pour le dédoublement des classes de CP cette année. » Pour assurer les cours, quatre nouveaux professeurs devront faire leur entrée aux écoles Mignonne et Rotière mais comme le rappelle Aude Goblet, « les postes d’enseignants supplémentaires sont une problématique de l’éducation nationale ». A priori, ce sont les postes de professeurs du dispositif plus de maîtres que de classes, mis en place par François Hollande, qui devraient être affectés aux nouvelles classes de CP. Pour Aude Goblet, membre d’une majorité LR-UDI, le dédoublement des classes est une bonne mesure, qui permettrait de « régler les difficultés d’apprentissage le plus tôt possible, au moment où l’enfant est le plus enclin à apprendre. » Elle renchérit même : « Ce dédoublement pourrait être intéressant au-delà des écoles en REP+. Il y a d’autres quartiers de la ville de Joué-lès-Tours, comme Le Morier ou la Vallée Violette, où ce serait extrêmement bénéfique. » À Saint-Pierre-des-Corps, on reconnaît aussi l’utilité du dispositif : « Il s’agit d’une mesure qui va aider à lutter contre l’échec scolaire. Le CP est une classe où se joue beaucoup de choses », déclare Jean-Marc Pichon, adjoint à l’éducation, et pro-Macron. Mais pour mettre en place les nouvelles classes, les choses ont été moins évidentes qu’à Joué-lès-Tours : « sur l’école Marceau, cela ne pose pas de problème car il y a des locaux disponibles. Ça a été un peu plus compliqué sur l’école Henri Wallon, sur laquelle on était déjà un peu à l’étroit, et où on a aussi besoin d’un endroit pour installer une bibliothèque. » La solution ? « Nous allons implanter des classes modulaires, également appelées containers. Je préfère dire classes modulaires car le mot container fait penser que l’on va mettre des enfants dans une boîte en ferraille au milieu d’une cour, ce qui n’est pas le cas ! Ce sont des éléments mobiles, en bois, avec un chauffage réversible, des toilettes, tout le confort... », insiste Jean-Marc Pichon. Un premier élément sera installé pour la rentrée, et un deuxième, en plus, sera implanté aux alentours des vacances de Toussaint. « Il s’agit d’un investissement de 160 000 euros, chaque unité comptant 80 000 euros », énonce l’élu. Il précise que « dans le même temps, sera lancé un projet d’agrandissement de cette école, avec deux classes supplémentaires. » Si la municipalité de Saint-Pierre-des-Corps a réussi à trouver une solution, Jean-Marc Pichon confesse tout de même que « le calendrier était serré. » 

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    • Rythme scolaire : semaine de quatre ou quatre jours et demi ?

      À la rentrée prochaine, le nouveau gouvernement d’Emmanuel Macron a annoncé que les communes qui le souhaitent pourraient revenir à la semaine de quatre jours, si elles le souhaitent. Pour Aude Goblet, adjointe à l’éducation à Joué-lès-Tours, pas question de « passer en force » : « Nous allons prendre l’année scolaire 2017-2018 pour concerter tout le monde et on changera si nécessaire en septembre 2018. » Même topo pour son homologue de Saint-Pierre-des-Corps : « On ne peut pas remettre notre dispositif en cause brutalement. Il faut peser les choses. On emploie des gens qui travaillent sur les TAP, on ne peut pas les licencier comme ça du jour au lendemain. On doit avoir des discussions, il faut que l’on y réfléchisse. »