Les Brèves

    « Nous souhaitions tous des conditions de sécurité optimales »

    Festivités du 14 juillet

    Pour Olivier Lebreton, adjoint au maire en charge de la Sécurité, si les réunions avec les services de la Préfecture ont été nombreuses, « il n’y a pas eu de bras de fer ». Pour l’élu « on fait le job » même si divers scénarios ont été imaginés.

    Propos recueillis par Philippe Hadef

    La Tribune Hebdo : Qu’est-ce qui a posé problème dans l’organisation ?

    Olivier Lebreton : Pour tout vous dire, on avait d’abord un objectif c’était de tirer le feu d’artifice dans des conditions de sécurité optimale. Il a fallu ensuite mettre sur le papier tous les éléments que nous souhaitions et également ce que la préfecture évaluait comme nécessaire. Mais il n’y a pas eu de bras de fer comme on a pu l’entendre ici ou là. On a l’habitude de ces échanges depuis deux ans avec l’état d’urgence. C’est ainsi à chaque événement rassemblant plus de 2 000 personnes, de la foire à l’ail aux festivités du 14 juillet. On présente un projet, on discute, on échange, on prend l’avis des pompiers, de la police nationale. Parfois ils en veulent plus, nous un petit peu moins… Même si cela a été long, cela s’est bien passé. On a la chance d’avoir un préfet plutôt pragmatique. Imaginez si l’attentat de Nice s’était passé à Tours, cela aurait été un carnage.

    La Tribune Hebdo : Avez-vous pensé à un moment annuler ce rendez-vous ?

    Olivier Lebreton : On s’est posé des questions : est-ce qu’on le fait sur la Loire, ailleurs, ou pas du tout. L’idée d’annuler le feu d’artifice a été évacuée rapidement. À ce jour, on a toujours conservé tous les événements ce qui n’est pas le cas de toutes les collectivités. On se souvient de la braderie de Lille par exemple. On était tous d’accord sur le principe. Après, la question c’était le lieu. Aller ailleurs, c’était évidemment moins attractif. On a, à un moment, pensé à la Gloriette. Mais il y avait aussi des contraintes fortes : les flux de personnes, les parkings, les réseaux de transport en commun moins denses… Cela voulait dire créer un périmètre comme cela a été fait pour l’Euro 2016. Alors on est revenu sur l’idée de la Loire en se posant comme unique question avec les services de la Préfecture : que faut-il faire pour y arriver. Le maire était de toute façon sur cette même ligne de conduite : on maintient les événements avec une sécurité supplémentaire.

    La Tribune Hebdo : Est-ce que ces contraintes de sécurité vous empêchent d’imaginer de nouveaux rendez-vous ?

    Olivier Lebreton : Non en aucune manière. On vient à peine de finir notre concertation sur le 14 juillet, que l’on s’apprête à proposer le dossier de la braderie. Et on va repartir dans les échanges entre services. Ces réunions sont capitales. Cela permet de coordonner nos équipes, les polices nationales et municipales... Et on répond au « qui fait quoi ». Je pense que cela devait être très différent quelques années en arrière, mais c’est une très bonne chose.

    La Tribune Hebdo : Est-ce que la fin programmée de l’état d’urgence aura une influence sur les contraintes de sécurité ?

    Olivier Lebreton : Le législateur le dira, tout dépend ce qui entrera dans le droit commun. Et ça je ne le sais pas encore. Ce qui est certain c’est qu’il est important de se retrouver autour d’une table. Je trouve que tout le monde en sort grandi.

    La Tribune Hebdo : Est-ce complexe de veiller à la bonne tenue de ces événements tout en sachant qu’on ne peut difficilement empêcher le drame s’il est programmé ?

    Olivier Lebreton : C’est toute la difficulté ! On sait que le risque zéro n’existe pas. Nous en sommes conscients à la Ville et il en est de même à la Préfecture. On fait pour autant le maximum sur le plan de la sécurité. J’ai pu entendre lors du premier marché de Noël sous l’état d’urgence des Tourangeaux dirent que tout cela ne servait à rien, que cela n’empêcherait rien. Mais il est de notre responsabilité de sécuriser au maximum ces manifestations et les citoyens qui y participent.

    La Tribune Hebdo : Mais sur un plan humain, cette responsabilité ne doit pas être facile à vivre ?

    Olivier Lebreton : J’assume cette responsabilité tout comme le maire. Si on baissait les bras, ils auraient gagné. Forcément, le soir des festivités du 14 juillet, je serai tendu mais si les Tourangeaux passent une bonne soirée, on aura fait le job.

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