Les Brèves

    Un 14 juillet sous haute surveillance

    Tours

    Avec environ cent policiers et cinquante agents de sécurité, la fête nationale du 14 juillet a été cette année placée sous haute surveillance. Si tout s’est déroulé sans fausse note, la soirée, dans les coulisses, ne s’est pas faite sans stress...

    Par Marie DEROUBAIX 


    Sécurité renforcée. C’étaient les mots d’ordre pour l’organisation du feu d’artifice cette année à Tours. Depuis l’attentat terroriste au camion bélier à Nice le 14 juillet 2016, faisant 86 morts et plus de 450 blessés, les dispositifs de sécurisation sont redoublés pour les grands événements. « Vous imaginez, les dégâts, si l’attentat avait eu lieu à Tours ? », confiait le préfet d’Indre-et-Loire, Louis Le Franc, en conférence de presse, il y a deux semaines. En effet, les rassemblements de masse au niveau des ponts peuvent être dangereux en cas d’attaque ou de mouvements de panique : « cela fait un effet d’entonnoir, et les personnes ne peuvent pas s’échapper sans se piétiner ou se bousculer ». Alors après avoir pensé à annuler le feu d’artifice cette année, ou à le délocaliser sur un autre site, la préfecture a finalement décidé qu’il pourrait être tiré au niveau des bords de Loire, sous plusieurs conditions... En ce qui concerne le pont Wilson, seules 2 000 personnes ont été autorisées à y pénétrer : « D’habitude, c’est au moins le double », explique Franck Boyer, directeur de la police municipale de Tours. Les accès sur le quai sud de la Loire ont aussi été limités en termes d’affluence. Si quelques tensions se sont fait ressentir, avec des individus qui escaladaient les barrières, globalement Franck Boyer juge que la population a été « coopérative ». Un dispositif de filtrage avec contrôle des sacs avait été mis en place à douze points d’entrée. Pour Frédéric, un Tourangeau venu assister au feu d’artifice, le contrôle était « trop succinct. Ils vérifient juste, en un coup d’œil, ce que le sac contient, à l’aide de leur lampe torche. ». Le directeur de la police municipale de Tours explique que « la fouille a été effectuée avec professionnalisme, tout en prenant en compte l’afflux conséquent des personnes. » Si cela le nécessitait, des palpations ont pu avoir lieu, tout comme la confiscation de certains objets avant de pénétrer dans l’espace sécurisé : pétards, bouteilles en verre, lasers, masques de carnaval, casques qui pourraient « faire peur si quelqu’un le porte au milieu de la foule ». Les personnes déjà à l’intérieur de la zone sécurisée avant que les barrières ne soient installées ont, elles, fait l'objet de « contrôles d'opportunité », comme le souligne Olivier Lebreton, adjoint à la sécurité à Tours.

    Un feu d’artifice pas comme d’habitude...

    Seuls les retardataires, qui n’avaient pas prévu assez de temps pour passer les points de contrôle, se sont retrouvés dans la difficulté, comme Louise, 21 ans : « On était tous agglutinés pour se faire contrôler. On aurait dû venir plus tôt » ou encore Céline, 39 ans, qui s’est plainte de « subir » l’attente derrière les barrières : « s’il s’était passé quelque chose, il n’y aurait pas eu moyen de s’échapper, ou alors tout le monde se serait marché dessus. » Mais pour Franck Boyer, les spectateurs « auraient pu plus se reculer vers la place Anatole France, au lieu de se comprimer près des barrières. Quoi qu’il en soit, s’il y avait eu le moindre problème, on aurait ouvert les barrières. » Il faut dire qu’un détail a surement échappé à ces Tourangeaux persistants. Lequel ? Le feu d’artifice 2017, contrairement aux précédents, a été prévu pour n’avoir que peu de jeux de lumière sur la Loire. Si, d’habitude, les prestations doivent se voir à une hauteur relativement basse, cette année, il suffisait de lever la tête vers le ciel : « Sur le pont Wilson ou non, tout le monde a vu la même chose », conclut le directeur de la police municipale.

    Deux fois plus de policiers

    Une centaine de policiers nationaux et municipaux et environ cinquante agents privés ont été requis à Tours, vendredi. « D’habitude, il y en a la moitié moins », confie Franck Boyer. Le feu d’artifice a été tiré à 23 heures, et a duré une vingtaine de minutes. Mais les forces de l’ordre sont restées sur place jusqu’à deux heures du matin. Ils surveillaient principalement les parties nord et sud des bords de Loire, la plage et la guinguette. Autre particularité ? « Nous avons ajouté un dispositif de vidéo protection. En haut de la bibliothèque, une caméra était installée pour scruter l’ensemble du périmètre, et les images étaient retransmises en direct à la préfecture », explique le chef de la police tourangelle. Enfin, trente-six camions faisaient barrage en bloquant certains accès. Si la sécurité a été dans tous les esprits, la plupart n’en faisait toutefois pas une obsession, comme Arsène, 33 ans : « Je ne vis pas dans la peur, les terroristes ne nous empêcheront pas de nous amuser. » 

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    • L’info chiffrée

      150 : C’est, environ, le nombre de policiers et d’agents de sécurité déployés pour l’événement.

      36 : C’est le nombre de camions qui bloquaient les accès stratégiques.

      20 000 : C’est le nombre de spectateurs qui sont venus voir le feu d’artifice de Tours cette année.