Les Brèves

    L’avenue de Grammont en quête de valeur marchande

    COMMERCES

    L’avenue de Grammont de Tours peine à se remettre de la période de « gel » pendant et après les travaux du tramway. En 20 ans, cette colonne vertébrale de Tours a perdu 43 commerces. Le turn-over des enseignes y est important. Une association, avec l’aide de la municipalité, s’empare d’un flambeau pour réveiller cette « belle endormie ».

    Par Alexia MELLIER

    En 20 ans, l’avenue de Grammont a perdu 43 commerces, passant de 201 à 158 actifs. Effet de crise ? Pas tout à fait car la diminution de 21 % est bien supérieure à celle de 5 % enregistrée sur le centre-ville (1). Cette baisse a particulièrement touché le sud de l’avenue (entre Boisdenier et Liberté), tronçon qui ne profite pas du tramway mais où les commerces ont été, pendant deux ans, encerclés de travaux. S’en sont suivis des baissers de rideau à la chaîne ou des pertes pouvant atteindre 70 % du chiffre d’affaires. Difficile à rattraper. Et encore aujourd’hui, « il y a une vingtaine de commerces qui restent fermés » indique un commerçant.

    C’est pour fédérer tous les commerçants, les autres associations de quartier, et donner un coup de jeune à cette « belle endormie » qu’un groupe de commerçants remontés à bloc vient de créer l’association « La Grande avenue Tourangelle ». « Nous avons plein d’idées : travailler avec les agences immobilières pour faire venir de jeunes commerçants, travailler avec la ville sur la signalétique, la circulation et les parkings et sur des animations de quartier… », indique plein d’entrain Frédéric Chartier, président de l’association et gérant du supermarché Vival sur l’avenue. « Nous sommes-là pour aider les commerçants, les restaurateurs en souffrance ! » reprend-t-il. Qu’ils soient dans l’avenue ou dans les rues adjacentes d’ailleurs.

    Une balade sur l’avenue de Grammont en dit long sur son glorieux passé : des boutiques de mercerie comme on n’en voit plus, une diversité d’activités impressionnante. On imagine sur cette avenue, ancienne Nationale 10, le défilé de touristes en route vers le sud, s’arrêtant pour la pause méridienne ou pour un maillot de bain à acheter…

    La belle ne restera pas endormie bien longtemps, lance en substance le président. En plus de l’auberge de jeunesse en projet sur l’ancien site du lycée Sainte-Marguerite dont on imagine bien les répercussions sur le commerce, les bars et restaurants environnants, d’autres projets, encore sous clé, y seront menés. « On a un grand projet pour Grammont » assure-t-on, sans vouloir trop en dire, à la ville de Tours.

    À Fil Bleu aussi, on met du cœur à l’ouvrage. « Un bus de la ligne 2, la plus importante du réseau après le tramway, passe toutes les 7,5 minutes, indique Xavier Richon, directeur de la mobilité voyageur à Fil Bleu. Nous avons augmenté la fréquence en septembre ». Un effort d’une minute nécessaire pour transporter chaque jour les 23 000 voyageurs. Autant de clients potentiels qui pour beaucoup passent par l’avenue de Grammont sans même un regard pour ces commerces qui ne demandent qu’à trouver un nouveau souffle.

    (1) Selon une étude récente de l’Observatoire économique des territoires de Touraine (OE2T).

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