Les Brèves

    Christophe Bouchet vainqueur au troisième round

    Élection du maire de Tours

    C’est au cours d’un conseil municipal extraordinaire qu’a été élu le nouveau maire de Tours mardi soir. Une « compétition d’ego » pour l’opposition, une fracture à ciel ouvert pour la majorité. Avec le départ de Serge Babary, démissionnant de son poste pour aller siéger au Palais du Luxembourg, la place laissée vacante était très convoitée et à partager, à part égale, entre les soutiens de Christophe Bouchet et de Xavier Dateu. Ce qui n’a pu se régler en famille s’est donc réglé en public lors d’un ultime vote. marie deroubaix

    Tout aurait pu se dérouler dans le calme et l’apaisement… Mais ce serait mal connaître le monde de la politique ! Jeudi 12 octobre, Christophe Bouchet remporte la primaire de la majorité municipale, aux termes d’un scrutin haletant. Après deux tours à égalité, l’homme de 55 ans est élu candidat de la majorité au bénéfice de l’âge, – comme le prévoyait les règles dans ce cas de figure –, contre Xavier Dateu, 52 ans. Il ne restait plus qu’à attendre mardi 17 octobre pour entériner les choses, avec le vote du conseil municipal tout entier. Mais c’était sans compter avec l’entêtement de Xavier Dateu, qui, contre toute attente, tentait le tout pour le tout en annonçant qu’il briguera le siège laissé vacant à l’occasion de ce conseil municipal.

    Tous les regards étaient ainsi tournés vers la salle des fêtes de l’Hôtel de ville avec une majorité qui, elle, n’était pas à la fête. Car il a fallu faire avec les critiques.

    Nicolas Gautreau, du groupe d’opposition « Les Démocrates », a regretté d’assister à « une compétition d'ego, avec les « états d’âme de chacun étalés sur la place publique. Nous aurions préféré que les élus de la majorité démissionnent en bloc pour donner aux Tourangeaux le pouvoir de revoter et désigner démocratiquement leur maire et leur équipe municipale. » Même analyse du côté du groupe « Tours à Gauche ! » pour lequel Cécile Jonathan a pris la parole : « Vous êtes plus préoccupés par un jeu politicien de partage de pouvoir que par la défense de l’intérêt général et des préoccupations des habitants de notre ville. Si vous aviez eu du courage, vous démissionneriez afin de vous présenter devant les électeurs. » Mais, c’est une autre partition que la majorité souhaitait jouer, celle d’un conseil qui, comme elle l’avait fait après son élection, allait choisir en son sein le premier magistrat de la ville.

    Christophe Bouchet, élu avec 30 voix

    Mais alors que l’on attendait un scrutin serré, il n’en fut rien et le suspense est retombé très vite. Christophe Bouchet a été élu avec 30 voix, contre 15 pour Xavier Dateu. 10 votes blancs ou nuls ont également été recensés. Ils sont facilement attribuables à l’opposition. Mais la majorité comptant 42 élus, et avec 55 suffrages exprimés, on peut souligner que trois élus de l’opposition ont pris position, bien qu’ils avaient annoncé qu’ils ne le feraient pas.

    Suite aux résultats, Xavier Dateu nous a confié ne ressentir « aucune amertume, ni aucune tristesse ». Il s’est même dit « content car la mairie de Tours a désormais un maire avec une vraie majorité. ». Pourtant, pour celui qui faillit devenir maire, la note est salée. Car outre cette lutte interne portée sur la place publique et qui lui sera immanquablement reprochée, il est, le même soir, exclu de l’exécutif. Le nouveau maire de Tours a dans la foulée de son élection procédé à un remaniement des postes d’adjoints. Xavier Dateu, Chérifa Zazoua-Khames et Céline Ballesteros, ont perdu leur statut. À l’inverse, sont rentrés dans l’organigramme : Marion Nicolay-Cabanne, propulsée au poste de première maire adjointe, Yasmine Bendjador, Henri Rousseau et Jerôme Tebaldi.

    « Il n’y aura pas de changement d’axe politique »

    Désormais maire de Tours, Christophe Bouchet a défini sa ligne de conduite. S’il précise qu’ « il n’y aura pas de changement d’axe politique », il souhaite tout de même renforcer certains services, à savoir la voierie et la propreté, ainsi que la sécurité. « La hausse du budget de la voirie va augmenter de façon très sensible », a-t-il précisé, avant d’ajouter : « En gérance avec la métropole, il passera de 1,4 à 3 ou 4 millions. » Et pour la sécurité, « on augmentera le nombre de caméras de sécurité et de policiers municipaux. ». Pour mettre en œuvre ces nouveaux éléments, son premier acte politique de maire, il ne compte pas couper dans les autres budgets mais plutôt déployer des ressources supplémentaires, comme « une meilleure gestion du patrimoine immobilier de la ville, la recherche de subventions auprès de collectivités locales voisines et de l’Europe, ou encore exploiter les ressources potentielles du mécénat ».

    Une nouvelle ère s’ouvre ainsi pour la majorité municipale. Et si la soirée a été moins agitée qu’on aurait pu l’imaginer, Christophe Bouchet et son équipe vont devoir à la fois rendre crédible cette nouvelle mouture « post Babary », marquer les esprits, imposer la patte « Bouchet » d’ici à la fin du mandat et… se prémunir d’une opposition interne réduite en nombre mais dont personne ne peut, à ce jour, déterminer les effets de nuisance. Voilà un challenge qui nécessitera une vraie solidarité de l’exécutif. Christophe Bouchet arrivera-t-il à faire ce que son prédécesseur n’avait pas réussi à faire ? 

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