Les Brèves

    LE MÂT DE LA CONCORDE ?

    À Charnizay, l'installation d'un mât de mesure, préalable au montage d'un projet de parc éolien, a fait l'objet d'un financement participatif qui a récolté plus de 50 000 €. Pour l'opérateur Eurocape New Energy, cette formule devrait permettre d'améliorer l'« acceptabilité » des projets. Florian Mons

    Nous sommes des techniciens », explique Théo Fiquet, responsable de projets chez Eurocape New Energy « et, ces dernières années, l'éolien a un peu pêché en matière de communication. » Aussi, À Charnizay, l'entreprise, qui porte les dossiers d'autres sites, notamment dans l'Indre, a organisé des présentations et des réunions où linitiative a été « plutôt bien reçue ». « Il fallait, dès juillet, lorsqu'on a su que c'était faisable, communiquer très vite et se concerter avec la population pour qu'elle nous aide à modeler le projet » explique Théo Fiquet.

    Taux préférentiels

    Surtout, elle a utilisé la plateforme de crowdfunding Lendosphere – une des plus connues, avec Enerfip – , spécialisée dans le domaine de la transition énergétique, pour lancer cet appel à financement entre le 14 septembre et le 9 novembre. Un mode de financement de plus en plus utilisé – comme à Bridoré par la société Soleil du Midi – , surtout pour les projets bien avancés. Ce sont des prêts qui ont ainsi été récoltés pour l'installation d'un mât de mesure, avec des taux d'intérêt préférentiels et des plafonds selon la situation géographique des prêteurs. « On pouvait financer jusqu'à 5 000 € par personne avec un taux d'intérêt de 7 % si l'on habite la commune ou celles situées à 6 km et à jusqu'à 3 000 € avec un taux d'intérêt de 6 % si l'on est sur l'intercommunalité » détaille Théo Fiquet, « mais je n'ai pas encore connaissance de la répartition géographique des financements. » Au-delà de l'installation du mât, c'est la participation au capital du projet lui-même qu'entrevoit Eurocape. « La gérance partagée, c'est compliqué mais c'est possible » estime Théo Fiquet. À condition toutefois qu'une opposition conséquente ne vienne pas gripper la machine et que la préfecture donne son autorisation. « Il y a toujours des risques » admet le responsable de projet, « mais je n'ai pas senti beaucoup d'opposition ferme. Quant à la préfète, elle m'a semblé ouverte. »

    Propositions d'aménagement

    Le maire de Charnizay, Serge Gervais, a conscience de marcher sur des œufs. À plus forte raison parce qu' « il y a trois projets sur la commune. Mais c'est trop, je n'y tiens pas », confie-t-il. « Je parle aux gens. J'entends les oppositions et les propositions de changer l'emplacement du mât. Nous avons demandé une distance de 600 m entre celui-ci et les habitations, au lieu des 500 m autorisés. Mais la plupart des habitants sont sensibles aux nouvelles ressources qu'un parc éolien peut apporter à la commune. Et puis, il faut bien avancer ! » La commune, qui vit de l'élevage laitier, ne dispose pas d'autant de sites patrimoniaux que d'autres zones du département et ne peut, en effet, guère compter sur le tourisme.

    « Nous avons besoin de 200 000 € pour les diverses études » précise Théo Fiquet. Fin 2020, le dossier sera déposé à la préfecture qui l'examinera pendant un an, et sera soumis à enquête publique. La décision préfectorale devrait intervenir en 2022.

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        L'ALTERNANCE, UN OUTIL PERFORMANT

        Handicap et formation 

        Depuis le 18 novembre et jusqu'au 24 novembre, se déroule, en Touraine comme partout en France, une Semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées qui rassemble plusieurs partenaires (Ladapt, Agefiph, Prith…). Objectif : « Casser les préjugés sur les handicaps et l'emploi ». Côté formation, la formule de l'alternance séduit. Forian Mons

        En Indre-et-Loire, une petite douzaine de rendez-vous sont prévus, pour mieux connaître les parcours professionnels des personnes handicapées, comme des portes ouvertes d'Établissements et services d'aides par le travail (Esat), des forums sur le thème de l'accompagnement, des échanges sur l'inclusion, et même des séances d'activités sportives.

        « Alternance inclusive »

        La question de la formation tient une place importante dans ces parcours, et la formule de l'alternance, considérée comme un outil performant, recueille de nombreux suffrages. Pour Arnaud Bobin, chargé d'étude et de développement à l'Agefiph (Association de Gestion du Fonds pour l’Insertion Professionnelle des Personnes Handicapées) en Indre-et-Loire, « c'est une porte d'entrée très efficace dans l'emploi. Pour les entreprises qui ont des craintes, embaucher en alternance ou dans le cadre d'un contrat de professionnalisation est souvent le premier pas vers une embauche. En moyenne, plus de 70 % gardent le salarié six mois après la fin de la formation. » Autre avantage, « les travailleurs handicapés présentent pour la plupart un niveau 5 (bac) ou inférieur. Avec l'alternance, on allie la montée en compétence et la formation, avec, en outre, une souplesse sur l'âge des stagiaires ». L'agefiph finance d'ailleurs le dispositif « Pour une alternance inclusive », un parcours qui comprend un accueil personnalisé, l'élaboration d'un projet professionnel, les démarches auprès des entreprises et un suivi des formations en alternance.

        « on allie la montée en compétence et la formation. »

        Des aides pour l'adaptation des entreprises

        « Les entreprises ont droit à une aide en fonction du type de contrat et de sa durée, qui leur est présentée par Cap emploi (organisme de placement spécialisé-NDLR) » indique Arnaud Bobin. Il existe une aide forfaitaire de 4 000 € pour le recrutement, « mais nous finançons également les éventuelles mesures de compensation, telles que l'acquisition d'un logiciel de grossissement pour les personnes malvoyantes, une adaptation pédagogique dans les cas de troubles cognitifs, c'est-à-dire quelques heures de formation supplémentaires... » Quant aux besoins des entreprises nécessaires à cette adaptation, l'Agefiph dispense à celles-ci des conseils pour leur financement. S'il n'y pas de plafond pour ces aides, l'association de gestion veille à évaluer les gains de productivité que certains de ces aménagements font faire aux entreprises et à les déduire des aides, car « il faut aussi être juste avec les autres entreprises ». Mais « parfois, ça ne coûte rien, il s'agit juste d'une pause », précise Arnaud Bobin. 

        + d'infos

        http://www.semaine-emploi-handicap.com

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        • Apprentissage : 30 % de CDI

          Depuis 2012, le nombre de contrats de professionnalisation concernant des personnes handicapées a augmenté de 21 % et celui des contrats d'apprentissage de 26 %. 53 % des personnes en situation de handicap ont trouvé un emploi (8 % en CDI) au terme d'un contrat de professionnalisation et 60 % après un contrat d'apprentissage (30 % en CDI). Fin 2017, 513 505 handicapés étaient demandeurs d'emploi, soit 19 % des personnes handicapées.

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          UNE IMPLICATION RENFORCÉE DES ENTREPRISES

          FORMATION

          En signant cette semaine une nouvelle convention DEFI pour la formation de 14 salariés dans le secteur ferroviaire, la Région Centre Val de Loire et ses partenaires confirment un changement de méthode qui a prouvé son efficacité : impliquer les entreprises du territoire, et répondre à leurs besoins. 

          Sur 14 demandeurs d’emploi formés il y a un an et demi comme techniciens de maintenance ferroviaire, 8 sont aujourd’hui en CDI et 2 en CDD. Un succès pour la première opération DÉFI qui, depuis, a fait des petits.

          « Avec les conventions DÉFI (Développement de l’Emploi par des Formations Inclusives), nous faisons le lien entre l’entreprise et de futurs salariés en recherche d’emploi. Ce processus très inclusif nous semble être appelé à se développer de plus en plus dans le secteur de la formation professionnelle » explique Isabelle Gaudron, vice-présidente de la Région Centre-Val de Loire déléguée à la Formation Professionnelle.

          Tous les secteurs concernés

          Avec un taux d’insertion sur les DÉFIS 2018 frisant les 70 % ou les dépassant en Indre-et-Loire, contre 56 % pour les formations qualifiantes en Région Centre Val-de-Loire (toutes formations confondues), les chiffres sont en effet parlants. En outre, le modèle défini est applicable à tout secteur professionnel. Les premières expérimentations de 2018 dans le secteur ferroviaire, mais aussi dans le travail des métaux et du verre, ont en effet débouché sur une cinquantaine de conventions signées ou à venir non seulement dans le secteur industriel, mais aussi dans le secteur tertiaire (grande distribution, hôtellerie ou domaine sanitaire et social par exemple). La taille des entreprises concernées est elle aussi variable, depuis les grandes structures jusqu’aux PME.

          Formations co-construites

          Pour Stéphane Gohory, référent Indre-et-Loire à la Direction de la formation professionnelle de la Région, le succès de cette nouvelle approche est lié à la collaboration entre la Région, Pôle Emploi, les entreprises participantes et les organismes de formation. « Tout repose sur la co-construction de ces formations, depuis l’analyse des besoins de l’entreprise, jusqu’à la création d’un cahier des charges et d’une liste de compétences en concertation avec l’organisme de formation, en passant par la sélection des candidats ».

          Un investissement de temps et d’énergie forcément gagnant pour les entreprises : « c’est du cousu-main ! Les travailleurs formés possèdent les compétences définies avec l’employeur : ils seront donc qualifiés pour les postes à pourvoir » explique Stéphane Gohory. En échange, l’entreprise prend des engagements, formalisés avant la mise en œuvre de la formation : « a minima une proposition de CDD de 6 mois, et un CDI chaque fois que possible ». Une perspective d’emploi qui a par ailleurs l’avantage de motiver les futurs salariés à s’investir dans l’apprentissage de leur nouveau métier. 

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          • LE FERROVIAIRE EN TENSION

            La signature de la convention DÉFI du 9 novembre entre la Région, Pôle Emploi, et les entreprises Ferrotract, Imateq, Keolis Tours, Meccoli, TLD, Socofer et Viamotor est emblématique à bien des points de vue. Deux opérations DÉFI en deux ans, c'est parce que le secteur est en tension. Au-delà des sous-traitants à la recherche d’employés qualifiés, la SNCF elle-même peine en effet à recruter, aussi bien aux postes de conducteurs que pour la maintenance du réseau. Avis aux amateurs !