Les Brèves

    Vins de Loire : l’export, ça va fort !

    MARCHÉS

    Alors que des incertitudes se font jour sur les marchés américains, en raison de la taxe Trump, et anglais dans l’attente du Brexit, l’année qui s’achève est marquée par une belle croissance des parts de marché des vins de Loire tant à l’étranger qu’en France. Les exportations sont en hausse de 8% en volume et de 9,2% en valeur tandis que sur territoire national 57% des Français ont consommé au moins une fois un vin issu d’une des 51 appellations et des 6 IGP du Val de Loire !

    Avec ses 51 appellations et 6 IGP (Indication Géographique Protégée) réparties sur 57 000 hectares, le vignoble du Val de Loire est le plus diversifié des vignobles français. Cette diversité des appellations mais aussi des vins proposés (blancs, rouges, rosés, pétillants ou tranquilles, secs ou moelleux), permet aussi de séduire une large palette de consommateurs dans un grand nombre de pays.

    Les exportations représentent 20 % des ventes de vins du Val de Loire (65 millions de cols). Elles continuent de se développer, notamment sur les trois marchés principaux que sont les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne (graphique 1). En 2019, l’export est en croissance de 8 % en volume et 9,2 % en valeur (graphique 2). Les États-Unis affichent, cette année encore, la plus forte progression des vins du Val de Loire à l’étranger, avec un chiffre d’affaires qui a dépassé la barre des 100 millions d’euros (100,9 M€). La perspective d’une taxe sur les vins français peut donc être perçue comme un frein pour le futur. Mais le Val de Loire a la cote malgré tout auprès des consommateurs américains qui devraient continuer d’en consommer. Mais pas à n’importe quel prix, c'est sûr. Du coup, le positionnement moyenne gamme des vins de Loire avec leurs prix modérés peut s’avérer un atout en cas de surcoût lié aux taxes.

    Leader sur les blancs et les rosés en France

    Mais le marché intérieur reste aussi très solide pour les vins de Loire. Ils gagnent des parts de marché en grande distribution. Cette progression leur permet de se hisser au premier plan des vignobles français (15 % des AOP tranquilles et 30 % des fines bulles hors Champagne) et de s’imposer comme leader en parts de marché sur les vins blancs (26 % de PDM en volume) et les vins rosés (29 % de PDM en volume). En restauration (CHR), le Val de Loire est également très présent, avec 75 % des restaurants référençant ses AOP. En blanc, rouge et effervescent, le vignoble se hisse sur le podium des appellations les plus présentes, aux côtés des vignobles de Bordeaux, de la Bourgogne et de Champagne. Bref, tous les signaux sont au vert pour le Val de Loire qui n’en finit plus de pétiller dans les verres !

    Au total, ils représentent 1,3 milliard de CA pour 325 millions de bouteilles commercialisées en 2018 !

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        2019 : du vrai, du (très) bon, du Vouvray !

        MILLÉSIME

        Les millésimes qui sortent des chais en ce début d’année – 2019 pour les tranquilles et 2018 pour les pétillants – se caractérisent par une très belle qualité, largement au-dessus de la moyenne ! Le haut du palais incontestablement, mais pour autant à savourer avec modération... P. N.

        Nous avons tout connu en 2019 : des gelées tardives en avril, un printemps très humide qui a compliqué la floraison, un été très chaud et très sec, ce qui ne favorise pas la maturation du raisin, et, finalement, le miracle s’est produit mi-septembre à quelques jours des vendanges, avec juste ce qu’il faut de pluie pour faire grossir les raisins... » Quand il analyse le déroulement de l’année écoulée dans le vignoble de Vouvray, le président de l’appellation, Alain Le Capitaine, n’en revient toujours pas : « nous sommes passés par tous les états de stress mais au final nous avons une belle récolte avec de très beaux raisins, on revient de loin... »

        Et le résultat est là et bien là : le millésime 2019 des Vouvray tranquilles qui sort des chais en ce début d’année a belle allure, est aromatique,avec une belle structure et juste ce qu’il faut d’acidité pour lui donner un bel équilibre et une belle vivacité en bouche. Servi à bonne température, il ravira le palais des amateurs de vins blancs à la fois immédiatement accessibles mais aussi complexes dans la durée.

        Tout sera affaire de cuvées et d’assemblages, mais il est évident que le millésime 2019 a un potentiel de garde. Et pour ceux qui apprécient les moelleux, c’est une année prometteuse pour les blancs doux. « Nous avions un millésime 2018 exceptionnel, une très belle année en qualité mais avec des rendements moins importants, poursuit Alain Le Capitaine. En 2019, non seulement les rendements sont au rendez-vous, ce qui va nous permettre de reconstituer les stocks, mais la qualité aussi est là. Ce millésime n’est sans doute pas au même niveau que 2018, même s’il est encore tôt pour le comparer aux autres grandes années car il sort tout juste des chais, il faut lui laisser un peu de temps pour voir comment il va évoluer, mais il fait partie des bonnes années, largement au-dessus de la moyenne... »

        Des pétillants aussi séduisants

        Du millésime 2018 justement parlons-en, parce qu’en même temps que sort des caves le millésime 2019 pour les tranquilles, est commercialisé le millésime 2018 pour les pétillants. En effet, après la mise en bouteille, les pétillants doivent passer un an en cave avant leur commercialisation. C’est donc le millésime vendangé en septembre 2018, embouteillé début 2019 qui arrive sur les tables en ce début 2020 ! Et là encore le résultat est intéressant avec des pétillants bien équilibrés, fruités et aromatiques, alliant fraîcheur et rondeur... Les amateurs de fines bulles seront ravis !

        Jamais deux sans trois alors ? Après deux belles années, les vignerons de l’appellation Vouvray aimeraient connaître des raisins aussi divins en 2020. Mais déjà la météo très douce du début de l’année confirme que cette année encore risque d’être atypique. « La vigne a besoin de se reposer en hiver pour redémarrer au printemps, explique Alain Le Capitaine. Là elle ne dort pas, elle est en veille et on ne sait pas ce que ça va donner au printemps quand elle va repartir si elle ne s’est pas reposée... C’est comme un être humain, s’il ne dort pas, il est moins efficace au bout d’un moment, donc on attend de voir ce que la météo nous réserve encore... »

        À chaque année suffit sa peine, mais avec le changement climatique, aucune année ne ressemble à une autre. Heureusement le chenin, cépage des vins de Vouvray, supporte bien la chaleur, et la qualité est toujours au rendez-vous... quand la météo le permet ! 

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            Ligers d’or : le palmarès 2020 des meilleures cuvées d’Indre-et-Loire

            CONCOURS

            Comme chaque année depuis 1995, le Salon des Vins de Loire qui s’est déroulé à Angers a été le théâtre dimanche 2 février du concours des Ligers organisé par l’Association des Œnologues Ligériens nouvellement créée. Sur plus de 2 000 vins soumis à la dégustation des jurés, 822 ont été distingués : 191 ont reçu un Liger d’or ; 329 un Liger d’argent ; 302 un Liger de bronze. Zoom sur les Ligers d’or récoltés par les vignerons des différentes appellations d’Indre-et-Loire.

            Le concours est ouvert à l’ensemble des vins du Val de Loire produits ou commercialisés par les viticulteurs, les caves coopératives et les négociants. Chaque année, les cuvées soumises à la dégustation sont de plus en plus nombreuses. En février, ce sont ainsi plus de 2 000 vins issus de la diversité des terroirs des différentes appellations rencontrées tout le long de la Loire, de Clermont-Ferrand à la source, jusqu’à Nantes, à l’embouchure !

            Les récompenses – Ligers d’or, d’argent, et de bronze – sont attribuées par des jurys composés de professionnels et d’amateurs reconnus. Chaque jury est présidé par un œnologue, selon un protocole de dégustation rigoureux. Chaque vin primé bénéficie d’un commentaire précis et détaillé et peut ensuite arborer une médaille estampillée « Ligers » pour le distinguer. Mais il n’y a pas de podium avec trois vins distingués par appellation, année ou autre, chaque vin étant jugé individuellement et distingué sur sa valeur intrinsèque et non par rapport à d’autres cuvées de la même appellation. En cela, les Ligers sont plus une récompense ou une distinction justifiée qu’un classement à proprement parler.

            25 vins d’Indre-et-Loire récompensés par un Liger d’or 

            En appellation Bourgueil

            • La Cigogne 2018, Nau Frères à Ingrandes de Touraine

            • Vieilles Vignes 2018, domaine de la Canteleuserie à Benais

            • Rouge 2018, Delaunay père et fils à Bourgueil

            • Cuvée du Grand Clos, Maison Audebert et fils à Bourgueil

            • Bourgueil 2019, domaine Jérôme Delanoue à Saint-Nicolas de Bourgueil

            • Les Sablons 2019,domaine des Geleries à Bourgueil

            • Rosé 2019, Domaine des Ouches à Ingrandes de Touraine

            En appellation Chinon

            • Domaine René Couly 2018, maison Couly-Dutheil à Chinon

            • Clos de l’Olive 2018, maison Couly-Dutheil à Chinon

            • Vieilles Vignes 2018, Christian Charbonnier à Crouzilles

            • Les Tonneliers 2018, Nicolas Pointeau à Crouzilles

            • Cœur de Franc rosé 2019, maison Couly-Dutheil à Chinon

            • Les Romances, rosé 2019, cave des vins de Rabelais à Chinon

            En appellation Saint-Nicolas-de-Bourgueil

            • Cuvée réserve 2018, Sylvain Bruneau à Saint-Nicolas-de-Bourgueil

            • L’Éclosion 2018, Sylvain Bruneau à Saint-Nicolas-de-Bourgueil

            • Vieilles vignes 2019, Lysiane et Guy Mabileau à Saint- Nicolas-de-Bourgueil

            • Château le Moulin Neuf 2019, à Saint-Nicolas-de-Bourgueil

            • Saint-Nicolas 2018, Florian Villeret 2018 à Saint-Nicolas-de-Bourgueill

            • Cuvée Martial V 2019, domaine de la Chevalerie à Saint-Nicolas-de-Bourgueil

            En appellation Touraine

            • Sauvignon n°2, blanc sec 2019, domaine des Clémendières à Bléré

            • Domaine Paul Buisse, blanc sec 2019, Pierre Chainier à Amboise

            • Rosé sec, Plou et Fils, à Chargé.

            En appellation Touraine Chenonceau

            • Cuvée l’ingénue, blanc sec 2018, château de Fontenay à Bléré

            En appellation Vouvray

            • Cuvée Hédoniste blanc doux, Boutet-Saulnier à Vouvray

            • Félicien Brou, brut pétillant, Lacheteau à Doué-la-Fontaine

            Les Brèves

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                Avec les Wineuses de Loire, les femmes du vin ont désormais leur association

                INITIATIVE

                Les Wineuses de Loire (prononcez « Wine-euses ») sont nées fin 2019 sous l’impulsion de Mathilde Lefebvre, assistante administrative et commerciale, spécialiste de l’œnotourisme depuis 10 ans. Accompagnée de Laëtitia Rey, guide-conférencière et organisatrice de [wine tours], et de Julie Joyez, responsable communication indépendante de l’entreprise « Qui l’eût cru ? », elles ont créé une association pour fédérer toutes les professionnelles du vin qui le souhaitent autour d’une passion commune. Prochain rendez-vous le 25 février à la Villa Rabelais.

                Une bouteille à offrir à beau-papa, un club de dégustation plutôt composé d’hommes, un vin rouge corsé que l’on fait déguster à monsieur en premier au restaurant pour qu’il valide le choix à la carte... Vrais clichés ou encore une réalité ? Jusqu’à récemment, le vin se conjuguait plutôt au masculin. Mais les femmes aussi ont leur mot à dire sur le vin et elles l’assument. Certaines en font carrément leur métier ! Il y a deux ans, Mathilde Lefebvre crée sa « petite entreprise » qui intervient comme prestataire pour de nombreux domaines viticoles. Fin 2019, l’envie de partager son expérience avec d’autres femmes la pousse à organiser le tout premier apéro à l’origine de l’association. Rejointe par deux autres professionnelles du vin, Laëtitia Rey, guide-conférencière et organisatrice de [wine tours], et de Julie Joyez, responsable communication indépendante, de l’entreprise « Qui l’eût cru ? », elles ont créé « Wineuses de Loire » pour créer un lieu d’échanges et de partage, l’essence même du vin, boisson de passion et de convivialité que l’on aime à déguster mais aussi à analyser, commenter, conseiller... « Tout est parti d’un apéro informel, explique Mathilde Lefebvre. Mais nous avons ressenti un vrai besoin, une attente pour nous retrouver dans un autre cadre, nous rassembler pour partager notre passion, mais aussi donner une plus grande visibilité aux femmes dans un univers du vin où l’on retrouve encore majoritairement des hommes. »

                Rassembler des femmes de différents horizons viti-vinicoles.

                Vigneronnes, sommelière, cavistes, directrice d’institution, ouvrières viticoles, spécialistes de l’œnotourisme, du commerce de l’événementiel ou de la communication, elles ont été une trentaine à répondre à l’appel et à manifester leur besoin d’échanger sur des thèmes qui les animent au quotidien : leur rapport au travail, l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle lorsqu’on exerce un métier-passion, ou encore la question du sentiment de légitimité dans leur poste. Propagé sur les réseaux sociaux et dans la presse quotidienne, cet événement a rencontré un écho très positif et immédiat. Les demandes d’adhésion affluent déjà.

                Mais les hommes sont les bienvenus sur les événements organisés par les Wineuses. C’est donc un rendez-vous en deux temps qui se profile pour la 2e réunion de l’association qui aura lieu le 25 février à la Villa Rabelais, à Tours : un moment de travail entre femmes du vin à 18 h, puis un apéritif partagé dès 19 h 30, pour lequel chacun et chacune est invité à apporter une bouteille ou un petit grignotage.

                Le choix de la Villa Rabelais n’est pas un hasard : siège de l’IEHCA (Institut européen d’Histoire et cultures de l’alimentation), c’est un haut lieu des cultures gastronomiques. Quel meilleur endroit pour amplifier et faire rayonner cette évolution profonde du monde du vin qui se dessine actuellement ?

                Ces rendez-vous ont aussi pour objectif d’enrichir sa pratique professionnelle, de développer son réseau et de créer de nouvelles opportunités de travail pour toutes et tous. Ainsi tout professionnel du vin, de la gastronomie ou de la presse est invité à participer, sans distinction de genre. 

                Rendez-vous : mardi 25 février à 18 h à la Villa Rabelais à Tours (inscription obligatoire : contact@mathildelefebvre.fr). Entrée : 5 €. 

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