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    Des hélicoptères pour sauver les vignes du gel

    Agriculture

    Les vignerons de Touraine ont terriblement souffert l’année dernière des gelées qui ont ravagé les exploitations. La perte des récoltes s’est fait dans la douleur. À Montlouis-sur-Loire, des exploitants ont décidé de tester un système novateur pour lutter contre ce fléau de la météo. Peu connue en France, la méthode a fait ses preuves dans l’Ontario, au Canada.

    Par Marie DEROUBAIX

    « Sur les cinq dernières années, nous avons vécu trois années de gel. » Pour Damien Delecheneau, président de l’AOC Montlouis-sur-Loire, il fallait réagir. Les vignerons de cette petite appellation ont perdu jusqu’à 70 % des volumes du dernier millésime. Ils ont donc décidé de s’allier pour mettre en place un moyen de lutte contre les gelées printanières. La méthode du vol d’hélicoptère à basse altitude, au dessus des vignes, a été retenue. Une méthode peu répandue en France, « mais qui a fait ses preuves à l’étranger, notamment au Canada », explique Virginie Fleureau, directrice de l’organisme de défense et de gestion des vins de Montlouis-sur-Loire. Le principe ? Grâce au mouvement de ses pales, l’hélicoptère mélange la couche d’air froid située au sol avec les masses plus chaudes en hauteur. Ce brassage permet de faire remonter les températures au sol et d’éviter les gelées nocturnes, courantes du 15 mars au 15 mai. La technique utilisée est donc la même que celle des tours antigel. Mais financièrement, le brassage par hélicoptère est beaucoup plus intéressant. Son coût est estimé à 200 euros par hectare, quand le prix d’une éolienne est d’environ 30 à 40 000 euros. Fixe par essence, elle ne peut protéger que trois hectares. L’hélico, lui, intervient là où il y en a besoin. Un système d’alerte placé au sol prévient les vignerons quand le thermomètre baisse trop, ce qui leur permet de donner le signal de départ aux pilotes. Autre avantage de l’hélicoptère pour Virginie Fleureau : « Il évite la pollution visuelle sur notre territoire, qui est très touristique. »

    Jusqu’à 300 hectares de vignes protégés

    Des vols d’essai se sont déroulés vendredi 7 avril au-dessus des vignes. Ils ont commencé une demi-heure avant le lever du soleil. L’idée était de déterminer les bonnes hauteurs de travail, ou encore quelle surface il est possible de protéger en combien de temps. Verdict ? L’hélico protège un hectare en une minute. Une flotte pouvant aller jusqu’à dix hélicoptères, de la société Héliberté basée à Dierre, est désormais prête à intervenir sur 300 hectares de vignes. Si l’appellation en compte 430, le dispositif compte pour le moment l’adhésion de 34 exploitants, sur 45. Seul hic ? Si ce type de système est très efficace contre les gelées blanches, ce n’est pas le cas contre les gelées noires, où l’air est glacial jusqu’en altitude. L’année dernière, c’était bel et bien des gelées noires qui ont ravagé les vignes de Touraine. 

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      • Du beau monde pour le Big Bang de L’Univers

        Jamais les quatre étoiles de l’établissement n’ont été aussi éclatantes. Cocktails à volonté et petits fours marquaient le renouveau lors d’une soirée organisée le 6 avril à L’Univers, situé sur le boulevard Heurteloup, à Tours. Pas moins de 700 invités, tous issus de la constellation tourangelle, dont le maire Serge Babary, avaient été conviés pour fêter la fin de cinq ans de travaux.

        Sans jamais fermer – un tour de force en soi –, l’établissement, appartenant au groupe Oceania Hôtels, s’est modernisé en apportant une touche de fraîcheur à ses 91 chambres, ses nombreux salons de réception et son restaurant. Un espace spa avec piscine a également été créé. Des prestations qu’attendent maintenant les clients d’un établissement de cette nature. La marque de fabrique de l’hôtel, à savoir son impressionnante galerie de portraits surplombant le hall d’entrée, a bien été préservée de ce « big bang » de fraîcheur qui s’est imposé dans L’Univers. Elle témoigne des illustres personnages que l’établissement a accueilli au fil du temps. Depuis ses 171 ans d’existence, de grands noms sont venus dormir dans ses draps, à savoir des têtes couronnées tels que le roi d'Espagne, ou celui du Maroc, Hassan II ; des personnages emblématiques comme Winston Churchill, des écrivains légendaires en la personne d’Ernest Hemingway, des acteurs comme Sarah Bernhardt ou Katharine Hepburn ; la chanteuse Édith Piaf ; des milliardaires comme Rothschild... Quarante-six célébrités historiques ont été immortalisées par François Pagé, artiste tourangeau, sur les balcons en trompe-l'œil du hall d'accueil.

      • Un nouveau président à la tête du Syndicat des Vins de Chinon

        Ce ne fut pas une mince affaire… Si les candidats ne se bousculaient pas – c’est le moins qu’on puisse dire –, un homme est finalement sorti des rangs permettant ainsi au conseil d’administration du Syndicat des Vins de Chinon de trouver son nouveau président. Il s’agit de Francis Jourdan. Il remplace Jean-Martin Dutour, qui a été à la tête de l'AOC de 2014 à 2017. Vigneron sur la commune de Cravant-les-Côteaux, Francis Jourdan se met ainsi au service du collectif pour un mandat de trois ans. Il est accompagné d'un nouveau bureau composé de Jean-Martin Dutour et Rodolfe Raffault vice-présidents, Bertrand Couly trésorier, Jérôme Billard secrétaire et les cinq présidents de secteurs que sont : Julien Raffault pour le Véron, Matthieu Baudry pour Cravant-les-Côteaux, Jean-Christophe Pelletier pour Chinon, Éric Hérault pour Panzoult et Marc Plouzeau pour la rive gauche de la Vienne.

      Actualités en bref

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      • La ville de Fondettes triomphe devant les tribunaux

        Le cœur de ville de Fondettes va bel et bien changer de visage. L'assignation en référé de l'association « Agir pour Fondettes », qui avait demandé la suspension des travaux en décriant notamment le projet de halle commerçante et culturelle de la mairie sur le fond comme sur la forme, a été rejetée par le juge des référés du tribunal administratif. La municipalité a ainsi fait savoir que les travaux « se poursuivent normalement en respectant le calendrier initialement prévu. » Elle a également expliqué, amère, que les requérants ont été « condamnés à indemniser la ville à hauteur de 1 500 euros au titre des frais irrépétibles. Une somme qui ne compense toutefois qu'une partie des dépenses publiques occasionnées par cette procédure, qui s'élèvent actuellement à 15 000 euros. Somme conséquente dont le contribuable a fait les frais malgré lui. »

      • Coup de feu en centre-ville

        Tension et confusion régnaient dans l’après-midi du jeudi 6 avril suite à un coup de feu entendu à l'angle du boulevard Jean Royer et de la rue Giraudeau. Tandis que les services de police ont été très réactifs une fois l’alerte donnée et que la préfecture appelait à éviter le secteur, des rumeurs parlant de tuerie agitaient les réseaux sociaux. Très vite, le scénario d’un attentat a été écarté, laissant place à une réalité toute autre : celle d’un règlement de compte entre deux hommes, visiblement sur fond de dette d’un montant de… 150 euros. L'auteur présumé du coup de feu, né en 1990, a été interpellé dans les heures qui ont suivi. Présenté à un juge d'instruction samedi 8 avril, au terme de sa garde à vue, il a été mis en examen pour tentative de meurtre et infraction sur les armes, puis placé en détention provisoire. Le pronostic vital de la victime, âgée de 45 ans, est toujours engagé à l’heure où nous écrivons ces lignes.