Les Brèves

    Rythmes scolaires : c’est le grand chamboulement !

    Écoles maternelles et élémentaires

    Branle-bas de combat dans les écoles ! En à peine deux mois pour s’organiser, 80 communes du département ont décidé d’aligner leurs écoles au rythme scolaire des quatre jours, au lieu des quatre jours et demi actuellement. Cela concerne 9 665 élèves.

    Par Marie DEROUBAIX


    80 C’est le nombre de communes disposant d’une école en Indre-et-Loire qui changeront de rythme scolaire à la rentrée. En effet, Emmanuel Macron l’avait promis durant sa campagne, les communes ont désormais le choix de revenir à la semaine des quatre jours pour leurs écoles élémentaires et maternelles, plutôt que de se plier aux quatre jours et demi avec les activités périscolaires (TAP), du gouvernement Hollande. Ni une ni deux, dès que le décret du 27 juin 2017 a autorisé ces adaptations, le directeur académique des services de l’éducation nationale a reçu de nombreuses demandes. Certaines communes ont notamment vu là l’opportunité de supprimer les TAP, dont le surcoût financier avait fait un tollé. Sur les 80 communes, beaucoup sont de petites tailles. Il est plus facile pour elles de gérer ce revirement à seulement deux mois de la rentrée de septembre, certaines plus grandes communes, disposant d’un réseau d’écoles nombreuses, expliquent avoir besoin de plus de temps pour s’organiser, comme à Joué-lès-Tours où Aude Goblet, adjointe à l’éducation, nous a confié : « Nous avons 16 écoles ! J’ai envoyé un courrier aux parents expliquant que je ne passerai pas en sens inverse en force, en si peu de temps. Nous allons prendre l’année scolaire 2017-2018 pour concerter tout le monde et on changera si nécessaire en septembre 2018 pour passer éventuellement à quatre jours. » À Tours aussi, il était trop tard pour changer : « les contrats avec le personnel s’occupant des TAP ont déjà été signés depuis longtemps », explique Barbara Darnet-Malaquin, adjointe à l’éducation. Certaines communes de plusieurs milliers d’habitants comme Chinon et Loches ont tout de même décidé de réorganiser dès à présent la semaine scolaire.

    Quelques mécontents

    Si 80 communes ont obtenu l’aval du directeur académique, quelques-unes n’ont elles pas eu de réponse favorable à leur demande. En cause ? Les nouveaux horaires qu’elles proposaient n’étaient pas répartis correctement. Un autre problème s’est aussi posé pour certaines communes dont le changement d’horaires des ramassages scolaires ne convenait pas aux sociétés de transporteurs. C’est notamment le cas pour Lignières-de-Touraine et La Chapelle-aux-Naux, dont les parents d’élèves ont lancé une pétition en ligne. Mis à part ces « couacs », c’est bien 80 communes ayant une école dans le département sur 226 (soit 34,6 %) qui ont obtenu du directeur académique un changement de rythme scolaire pour la rentrée 2017-2018. Cela représente 24,8 % des écoles (102 sur 411) et 18,8 % des élèves (9 665 sur 51 412). 

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    • Quelles communes concernées ?

      Ambillou, Autrèche, Avoine, Beaumont-Louestault, Benais, Bossay-sur-Claise, Bourgueil, Cangey, Cérelles, Charentilly, Château La Vallière, Chinon, Chouzé-sur-Loire, Cigogné, Cléré-les-Pins, Côteaux-sur-Loire, Courcay, Crotelles, Cussay, Dierre, Dolus-le-Sec, La Chapelle-sur-Loire, La Croix-en-Touraine, La Membrolle-sur-Choisille, Limeray, Loches, Lussault-sur-Loire, Mazières-de-Touraine, Neuil, Neuillé-Pont-Pierre, Neuville-sur-Brenne, Perusson, Restigné, Richelieu, Rouziers-de-Touraine, RPI Céré-la-Ronde/Le liège1/Genillé, RPI Channay-sur-Lathan/Courcelles /Rillé/St-Laurent-de-Lin, RPI Dame-Marie-les-Bois/Morand/St-Nicolas-des-Motets, RPI de Loché-sur-Indrois/Montrésor/Villeloin-Coulangé, RPI Ferrières-sur-Beaulieu/Beaulieu-les-Loches, RPI Hommes/Continvoir/Avrillé, RPI Manthelan/Le Louroux, RPI Preuilly-sur-Claise/Yzeures-sur-Creuse, RPI Verneuil-sur-Indre/St-Senoch/Betz, Saché, Saint-Antoine-du-Rocher, Saint-Aubin-le-Dépeint, Saint-Christophe-le-Nais, Saint-Laurent-en-Gâtines, Saint-Martin-le-Beau, Saint-Nicolas-de-Bourgueil, Saint-Épain, Saint-Règle, Saunay, Savigny-en-Véron, Semblançay, SIVOS Vallières/Rilly/Mosnes, Sorigny, Souvigné, Souvigny-de-Touraine, Thilouze, Vallères, Vernou-sur-Brenne, Villandry, Villeperdue, Villiers-au-Bouin. 

    Éditorial Par Philippe Hadef, rédacteur en chef de La Tribune Hebdo

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    • La démocratie est-elle trop chère ?

      Ça commence à devenir fatigant, très fatigant… L’État doit faire des économies et, par une magie incroyable, ce sont les collectivités territoriales qui doivent se serrer la ceinture. À la limite, on peut en discuter et l’entendre, d’autant qu’il s’agit d’une vieille rengaine pour ne pas dire une vieille recette qui tranche avec l’image de renouveau qu’on veut imposer au sommet de l’État.

      Par contre, quand j’entends que, pour faire des économies, et plus encore pour le symbole – il a bon dos le symbole –, il faudrait réduire le nombre d’élus locaux… Billevesée. On devrait pourtant avoir confiance dans la capacité de calcul du « savant » ex-patron de l’économie française devenu aujourd’hui Président. Mais dire que réduire le nombre d’élus peut alléger la dette de la France me paraît simplement absurde, et de surcroît populiste. Oui, il faut oser le mot. Le prix – modeste au plan local – de la démocratie ne serait-il plus supportable pour la France ?

      Je suis encore plus en colère quand on explique que ce serait pour mieux rémunérer ces élus et mieux protéger leur statut. Une phrase cache-misère, disons-le. Un voile pudiquement posé sur une volonté de réduction des édiles pour simplement confirmer à ceux de nos concitoyens les plus en souffrance que l’on réduit ces « inutiles ». Et au niveau du symbole, nous serions ainsi là au paroxysme de l’hypocrisie. Cela me fait penser aux grandes régions et aux faramineuses économies qui devaient en découler. Mensonges !

      D’autant que, à vouloir resserrer les rangs et donc mobiliser d’autant plus d’heures à la tâche de gestion et de décision de ces élus « rescapés » de la guillotine des restrictions, qui pourra un jour prétendre s’inscrire dans cette démarche et devenir élu ? Car aujourd’hui, si les édiles les plus en responsabilité (maires et adjoints majeurs) n’ont certes que peu de possibilités d’avoir une activité à temps plein par ailleurs – sauf à être un chef d’entreprise, un libéral qui peut gérer son emploi du temps, un fonctionnaire en détachement ou un retraité – il reste encore sur les bancs – souvent en tant que simple conseiller – des ouvriers, des techniciens, des cadres. Des Français, en quelque sorte… Croyez-vous qu’un de ces salariés du privé mettra en péril toute sa carrière professionnelle pour servir la collectivité ? Et pensez-vous qu’il imaginera avec enthousiasme de repasser par la case Pôle emploi pour retrouver du travail après six années passées loin de ses bases, de son emploi, de son entreprise initiale et sera ainsi en capacité de rebondir dans le monde du travail ?

      À la limite, si l’on veut vraiment réduire le nombre d’élus, réduisons le nombre de communes. Pour ma part, je préfère voir disparaître des barrières symboliques que de voir disparaître la démocratie au plan local et le peu de place laissé déjà à ceux qui représentent la masse des Français.