Les Brèves

    Service à la personne : un secteur en plein boom

    Indre-et-Loire

    Ce n’est un secret pour personne, les métiers d’aide à domicile et d’aide ménagère sont de plus en plus recherchés. Et le département d’Indre-et-Loire ne fait pas exception. Décryptage d’une activité dont on ne peut plus se passer. Marie DEROUBAIX 


    Une enquête publiée par Pôle Emploi début 2017 sur les besoins en main-d’œuvre du département montrait que le secteur des services concentrait 63,5 % des projets d’embauche, devant les industries agroalimentaires et celles du domaine agricole. L’un des facteurs principaux expliquant cette forte demande est évidemment le vieillissement de la population. « Il n’y a plus assez de places en structures ou en maisons de retraite, et en plus, tout le monde ne souhaite pas y aller », résume Philippe Rémy, dirigeant de Petit Fils, une entreprise tourangelle spécialisée dans le service à la personne. Mais si l’expansion de ce secteur est rapide, le métier d’auxiliaire de vie, lui, n’a pas la cote. « C’est un métier qui peut être ingrat, avec des amplitudes horaires importantes. Il faut une grande disponibilité », explique Philippe Rémy. C’est également un métier où la surveillance médicale est prédominante. « Certains de nos clients ne veulent pas entendre parler de maison de retraite, et pourtant, leurs pathologies mériteraient un placement », confesse le dirigeant de Petit Fils, avant de poursuivre « on va jusqu’à une présence 24 heures sur 24 pour certains d’entre eux. Ce sont des personnes qui ne peuvent même pas se lever. Si l’on ne vient pas, elles ne peuvent pas manger, ni se laver. » Il y a ainsi une vraie pénibilité du métier, à la fois physique avec parfois le besoin de soulever quelqu’un de son fauteuil par exemple, et psychologique puisque que les aides à domicile sont confrontées à des situations de fin de vie. En parallèle, les personnes travaillant dans ce secteur « reçoivent en retour une vraie reconnaissance affective des personnes dont ils s’occupent ». C’est donc un métier avant tout profondément humain, comme il en existe de moins en moins... 

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    • Le Département accompagne aussi les seniors

      Le Conseil départemental d’Indre-et-Loire a des missions en direction des publics seniors. Il s’occupe notamment de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA). L’APA domicile, qui permet de financer une partie des dépenses nécessaires à son maintien à domicile, concernait 6 315 personnes sur notre territoire en 2016, et quasiment le même nombre en 2017. Cela représentait 25,5 millions d’euros pour 2016, contre 28 millions cette année. Une hausse qui s’explique par la revalorisation des aides versées suite à la nouvelle loi ASV sur le vieillissement. L’APA établissement, qui représente l’aide versée aux structures d’hébergement, est d'environ 23 millions d’euros pour 2016, et la même somme pour 2017. De manière plus globale, on peut rappeler que le Département est chargé d’organiser sur le territoire les services gérontologiques. Un bilan sera bientôt dressé pour comprendre les besoins de places en Ehpad en fonction de l’évolution démographique. L’Indre-et-Loire dispose de 54 Ehpad dont 17 publics autonomes, 6 hospitaliers, 4 privés totalement habilités à l’aide sociale, 20 privés à but lucratif et 7 privés associatifs. 

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    • 38,3

      C’est le coût de la consommation de médicaments, en France, en une année (données 2015 du ministère de la Santé).

    Attention aux mélanges médicamenteux

    Santé

    Relayée par 60 Millions de consommateurs, une étude d’Open Health met en lumière les dangers de la polymédication chez les personnes âgées de 65 ans et plus. Presqu’un tiers des seniors interrogés consomment en effet au moins sept médicaments par jour. Claire Seznec


    Les personnes âgées de plus de 65 ans peuvent souffrir de plusieurs pathologies chroniques en même temps. Souvent, cela nécessite de cumuler différents traitements.

    C’est ce qu’on appelle la polymédication. Selon Open Health (société spécialisée dans la collecte et l’analyse de données de santé) et son étude réalisée de septembre à novembre 2016, 154 292 seniors sur 449 000 (dans un échantillon de 2 700 pharmacies) prennent quotidiennement au moins sept médicaments, prescrits ou non. Parmi ces personnes, on compte 57 % de femmes (81 ans d’âge médian) et 43 % d’hommes (77 ans d’âge médian).

    En trois mois, une moyenne de 13,6 médicaments différents prescrits par un ou plusieurs médecins a été calculée pour un seul patient.

    « Un enjeu de santé publique »

    Le problème de l’accumulation de traitements ? Certaines combinaisons médicamenteuses sont risquées. « L’iatrogénie médicamenteuse (ndlr : incompatibilité d’un médicament avec un autre ou avec le malade lui-même) de la personne âgée représente un enjeu de santé publique, responsable d’environ 7 500 décès par an et de 3,4 % des hospitalisations chez les patients de 65 ans et plus en 2013 », estime l’Assurance Maladie dans son rapport « Charges et produits pour l’année 2018 ». L’organisme précise tout de même que l’iatrogénie médicamenteuse a diminué ces dernières années. Il préconise également d’élargir les missions et les services confiés aux pharmaciens, notamment avec la mise en place d’un bilan de médication pour les personnes âgées polymédiquées.

    « Demander une vérification dans les médicaments prescrits »

    Pour savoir si les 154 292 seniors polymédiquées courent un risque, les prescriptions ont été passées au crible d’une grille reposant sur trente-six combinaisons de médicaments. Les résultats inquiètent quelque peu : 89 % d’entre eux sont confrontés à au moins trois situations à risque même si, parmi eux, seulement une poignée (0,5 %) est confrontée à un risque iatrogénique grave (hospitalisation ou décès).

    Il est donc préférable, lors d’un rendez-vous chez le médecin, de demander une vérification dans les médicaments prescrits afin d’éviter tout problème. 

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    • Qu’est-ce que le bilan de médication ?

      Le bilan de médication a pour but de faciliter une bonne utilisation des médicaments par des personnes qui souffrent de poly-pathologies et/ou dont l’état de santé nécessite un accompagnement rigoureux.

      En tant que spécialiste du médicament le pharmacien détermine l’impact de la complexité, des interactions médicamenteuses et/ou alimentaires, l’importance des effets indésirables et le potentiel iatrogène de la thérapeutique lorsque l’ensemble des ordonnances comporte plus de 3 médicaments. Il peut alors émettre une recommandation.

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      Pourquoi les Français malentendants sont-ils réticents à s’appareiller ?

      Audition

      Alors que les Français ont le réflexe de se rendre chez un ophtalmologiste pour recevoir un diagnostic sur un éventuel trouble de la vision, ils traînent au contraire du pied quand il s’agit de régler des problèmes auditifs. Pourquoi ? Nos réponses. Marie DEROUBAIX 


      Selon un récent sondage OpinionWay, alors que deux Français sur dix déclarent avoir une audition auditive moyenne ou mauvaise, seuls 14 % d’entre eux portent une ou deux prothèses auditives. Pour expliquer ce paradoxe, on peut citer les réticences psychologiques qu’ont certaines personnes à s’appareiller. Les prothèses auditives sont en effet souvent assimilées dans l’imaginaire collectif à des signes de vieillesse. Pourtant, Fabien Desnoues, audioprothésiste, explique que « la technologie des aides auditives a beaucoup évolué. Les appareils sont plus petits, plus confortables et plus discrets. Ils rebutent moins qu’il y a vingt ans. » De plus, si la surdité est encore beaucoup associée à une maladie du troisième âge, il s’agit en réalité d’une idée préconçue. Une récente étude publiée par l’association JNA montre qu’un quart des adolescents a déjà ressenti des acouphènes ou la sensation d'oreilles bouchées à la suite d'un usage prolongé d’un casque de musique. Et la proportion monte à 40 % chez les jeunes adultes (18-34 ans). Des chiffres inquiétants alors que les problèmes d’audition sont un réel handicap dans la vie privée et professionnelle.

      Autre frein : le prix

      Outre le frein psychologique, le prix est également un facteur expliquant le non appareillage des personnes malentendantes. Même si Fabien Desnoues explique que « le coût des aides auditives a considérablement baissé avec le temps », il concède que « la France est le pays européen qui rembourse le moins bien les prothèses auditives ». Un appareil milieu de gamme coûte environ 3 000 euros, pour les deux oreilles. Là-dessus, on peut espérer environ 800 euros de remboursement par la sécurité sociale. Pour le reste, il faut faire jouer sa mutuelle... Les audioprothésistes garantissent toutefois le suivi des appareils sur toute leur durée de vie (réglage, entretien, garantie...), ce qui est plutôt rare. 

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      • Un trouble d’audition peu connu : la presbyacousie

        « En moyenne, les personnes s’appareillent vers 70-75 ans », constate l’audioprothésiste Fabien Desnoues, avant de poursuivre : « il faudrait toutefois un bilan à 50 ans, âge à partir duquel on perd certaines fréquences de l’audition, notamment les fréquence aiguës. Cela devient gênant pour comprendre les conversations en société. » Ce phénomène est appelé presbyacousie. C’est un trouble de l’audition peu connu qui représente pourtant un processus naturel de vieillissement.