Les Brèves

    14 artistes tourangeaux au Grand Théâtre de Tours

    Art

    Du dessin, de la photo, du slam, de la poésie, ou encore un mur d’expressions... Au Grand Théâtre de Tours, la semaine dernière, une exposition collective a été réalisée en amont du concert solidaire de Kery James. marie deroubaix


    Le Grand Théâtre de Tours était bondé, jeudi 2 novembre, pour le concert acoustique de Kery James. « Du rap conscient dans un lieu institutionnel, c’est inédit », précise Aurélie Brunet, des Brigades Numériques. Et ce qui l’était tout autant, ce sont les initiatives solidaires qui se sont montées autour de cet événement. D’abord, le rappeur a remis des bourses, d’un montant total de 8 000 euros, à six jeunes Tourangeaux issus de quartiers prioritaires pour les aider à financer leurs études supérieures. Un engagement qui lui tient particulièrement à cœur, et qui intervient dans le cadre de sa tournée nationale pour son association ACES (Apprendre, Comprendre, Entreprendre et Servir). En parallèle, un autre projet, exclusivement local, s’est monté. La Brigade numérique 2017, accompagnée par l’association CoopAxis, la coopérative Artefacts, la Maison de la réussite de Tours et la Smalla Connexion, ont organisé une exposition collective de quatorze artistes tourangeaux. Écrivains, poètes, danseurs, dessinateurs, peintres, performers, graffeurs, amateurs ou professionnels... Ils ont exposé leur(s) œuvre(s) dans le hall du Grand Théâtre pour exprimer leur vision de la réussite. L’idée était de s’interroger sur nos rêves, nos espoirs, et la place de chacun dans notre société. Six jeunes volontaires issus des quartiers prioritaires ont aidé à monter cet événement. « L’objectif était de les aider à se révéler. Ils ont dû gérer la scénographie, apprendre les codes de l’événementiel, faire du webdesign ou encore du graphisme... », énumère Aurélie Brunet, qui les a chapeautés, avec Malvina Balmes. De quoi prouver que le numérique peut se mettre au service de l’innovation sociale et économique. 

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        Comment travaillent les forces de sécurité depuis le Bataclan ?

        Terrorisme

        Un exercice antiterroriste a eu lieu récemment à Joué-lès-Tours pour valider les nouveaux process d’intervention des forces de sécurité et de secours, mis en place suite au drame du Bataclan. Quels sont-ils ? Comment ont été élaborées les nouvelles stratégies ? Réponses avec Stéphane D’Hayer, Directeur Départemental de la Sécurité Publique. propos recueillis par marie deroubaix


        La Tribune Hebdo : Pourquoi un nouveau process d’intervention a-t-il été mis en place ?

        Stéphane D’Hayer : La stratégie n’est pas la même qu’auparavant. Il n’y avait pas de phénomène de tuerie de masse, même si on pouvait se confronter à des prises d’otages, ou même, comme cela a été déjà été le cas à Tours, à un tueur.

        Qu’est-ce qui a changé dans le nouveau process, par rapport au précédent ?

        Stéphane D’Hayer : Avant, le mode opératoire était de mettre en place un périmètre de sécurité, de façon à ce que personne ne rentre dans ce périmètre, puis attendre l’intervention des services spécialisés du type RAID. Toutefois, sur les tueries de masse, on s’est rendu compte que les tueurs tiraient tant qu’ils n’étaient pas pris à partie par des forces de l’ordre. Une fois que c’était le cas, ils se retranchaient dans un lieu, avec ou sans prise d’otages, et ils attendaient l’intervention des services spécialisés de type RAID, mais aussi les médias pour avoir leur heure de gloire. Donc pour éviter qu’il y ait un nombre encore plus important de victimes, la stratégie a changé. Dès lors que l’on est en face de gens qui tirent dans le cadre d’une tuerie de masse, les policiers engagent. C’est-à-dire qu’ils vont répliquer immédiatement face à ces tueurs. Pour cela, on a mis en place des formations, avec actuellement, trois niveaux d’intervention.

        Quels sont-ils ?

        Stéphane D’Hayer : Le premier niveau sont les primo-intervenants, c’est-à-dire la patrouille police secours qui se trouve dans le secteur et qui va engager immédiatement avec des gilets lourds, leurs armes de point, éventuellement des pistolets mitrailleurs... mais pas forcément beaucoup plus de matériel. Ensuite, il y a le deuxième niveau. Ce sont les sections d’intervention et les BAC (ndlr : brigades anti-criminalité). Pour l’agglomération tourangelle, cela correspond à une cinquantaine de policiers formés et équipés d’un niveau 2 avec boucliers balistiques, gilets et casques pare-balles, fusils d’assaut... Ils sont en capacité de se rendre sur place très rapidement, H24. Leur mission est de s’engager immédiatement pour faire en sorte que le tueur se retranche. Une fois que les individus sont retranchés et qu’il n’y a plus de tirs, ils laissent la place à un troisième niveau, constitué des équipes RAID et GIGN (ndlr : groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale).

        À côté de cela, on a d’autres unités, à savoir les CRS (ndlr : compagnies républicaines de sécurité), formés en deuxième niveau, et également là pour aller chercher les victimes en zone d’exclusion (ndlr : zone la plus sensible) et éviter qu’elles n’attendent trop longtemps d’être secourues. Nous avons aussi des pompiers désormais équipés pour aller chercher des blessés, non pas en zone d’exclusion, mais au plus loin, en relai avec les CRS.

        Combien de primo-intervenants peuvent-être rapidement sur place ?

        Stéphane D’Hayer : On peut facilement aligner une douzaine de primo-intervenants en 5-10 minutes, et dans le quart d’heure 30 à 50.

        Une réflexion sur la sécurisation de sites sensibles a-t-elle été menée à Tours ?

        Stéphane D’Hayer : Oui, on travaille en amont sur les sites sensibles de Tours, comme les salles de spectacles, et lors d’événements comme cela a été le cas pour la braderie de Tours. Des plans d’intervention sont prédéfinis. Mais évidemment, tout plan mérite d’être adapté à la réalité du terrain, au moment donné. 

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          • en bref

            Belle au bois d'Orient

            Au château d'Ussé, c'est pour une série tv chinoise à succès, « 1001 Nights » qu'une équipe de tournage conséquente a investit les lieux pour une semaine. Pour cette scène du mariage d'une star et d'une marquise, 30 000 fleurs ont été commandées à un fleuriste de Saumur. Les propriétaires du château comme les promoteurs du tourisme en Val-de-Loire ne pouvaient rêver mieux comme action de communication.

            Saint Martin en vadrouille.

            A l'occasion de l'été de la Saint-Martin, qui célère chaque année le trajet de la dépouille du thaumaturge, un gisant en cire – Il eut été moins morbide en pierre ou en bois - a été réalisé par la canadienne sœur Rose-Marie Labonté. Parti de Candes-Saint-Marin, son arrivée à Tours en bateau, le 10 novembre, fera l'objet d'une mise en scène organisée par la compagnie le Miroir aux alouettes et donnera lieux à d'autres événements et animations. La soirée sera clôturée par un feu d'artifice tiré de l'île Simon. Mais le gisant devrait encore voyager puisque d'autres villes européennes ont prévu de l'accueillir.

            Des start up tourangelles au Web Summmit de Lisbonne

            Les start up tourangelles Fintech lab, My serious game, kazeko et Wazashirt figurent parmi les entreprises régionales accueillies au Web Summit de Lisbonne du 6 au 9 novembre, une des rencontres les pus importantes de l'économie digitale en Europe. Accompagnées par l'agence de développement régionale Dev'up et par des élus locaux dont Thibault Coulon, ces Start up devraient pouvoir tisser des relations économiques fructueuses avec leurs homologues du monde entier.

          Meurtre à Tours : saint Martin impliqué ?

          POLAR

          En novembre débutera à Tours le tournage d'un téléfilm policier, intitulé « La part de l'autre »scénarisé par leTourangeau David D'Aquaro et réalisé par François Guérin. Non, Saint Martin n'est pas suspecté, mais sa relique semble avoir fait remonter les plus bas instincts de certains... florian mons


          Lorsqu'en 2014 la statue de saint Martin fut déposée pour être restaurée, une relique du thaumaturge fut retrouvée dans une cachette aménagée dans le monument. Cette redécouverte a laissé songeur le scénariste tourangeau David D'Aquaro, qui a fait de cette relique le point de départ d'une intrigue policière, pour un téléfilm destiné à la chaîne France 3.

          Installé en Touraine depuis une quinzaine d'années, David D'aquaro a d'abord travaillé sur les tournages comme décorateur et fréquenté les compagnies de théâtre. « Mais j'écrivais et réalisais également des courts métrages. Alors, il y a cinq ou six ans, j'ai décidé d'en faire un métier. C'est une deuxième carrière » confie-t-il. Depuis, si tous ses scenarii « n'ont pas pas abouti », d'un précédent téléfilm policier se déroulant sur l'Ile D'aix, diffusé il y a quelques mois, a obtenu un franc succès et offert à France 3 une audience et des parts de marché inhabituels. De quoi convaincre la chaîne de faire apparaître à nouveau le scénariste dans les bancs-titres.

          Tours, un personnage principal.

          « Ça m'amusait d'associer un polar à saint Martin » explique David D'aquaro. « Et puis cette idée du partage et cette question de donner un bout de soi, induite par la relique, est riche en questionnement supplémentaires… Mais, quoi qu'il en soit, une relique fait forcément fantasmer, autant qu'elle excite les convoitises ». Au point de tuer ? Si David d'Aquaro veille à ne pas trop déflorer les secrets de l'histoire, on sait au moins en effet que la relique sera volée, qu'un sculpteur sera assassiné et qu'un prêtre participera à l'enquête… L'autre personnage principal, c'est Tours. « Je suis parti de quelques éléments, comme les bords de Loire, les troglodytes et, bien sûr, la basilique et la cathédrale. Je suis assez fier d'avoir fait en sorte qu'on voit la ville » se réjouit-il. Un cadre qui a séduit le réalisateur François Guérin, habitué à travailler avec David D'acquaro et qui débutera le tournage dans le courant du mois de novembre. « Ce sont des lieux éminemment cinématographiques ! Les décors, la lumière, les escaliers dérobés, les souterrains… Quand j'ai lu le scénario, j'ai su qu'il y avait quelque chose à faire. » explique-t-il. Car, si la relique du saint et les sites martiniens sont évoqués, sa vie et sa légende ne seront pas traités en profondeur. « Mais cela nous permet d'explorer des endroits beaux et riches ».

          Une relique fait forcément fantasmer, autant qu'elle excite les convoitises

          D'autres sites ont été retenus, comme le musée des Beaux-Arts, la friche artistique de La Morinerie, à Saint-Pierre-des-Corps ou les bords de Loire. De cette essentielle ambiance locale, il faut également retenir la participation de techniciens, de figurants et d'autres professionnels tourangeaux du cinéma. « Sans compter que quand on débarque, on fait vivre les hôtels, les restaurants, les commerces… » plaide le réalisateur, qui en rajoute : « La diffusion de ces téléfilms est toujours une excellente nouvelle pour le tourisme. » La date de diffusion du téléfilm n'est pas encore fixée et il faudra attendre plusieurs mois avant de connaître le coupable. De quoi faire durer le suspense. 

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          • « La claque », une clique tourangelle.

            « Il s'agit de s'entraider dans un esprit de compagnonnage » résume David D'acquaro à propos du collectif « La Claque » qui réunit scénaristes, réalisateurs ou opérateurs de la région. « Nos métiers sont souvent solitaires et nous évoluons dans un milieu très concurrentiel. De plus, les débouchés sont à chercher plus vers Paris que localement... », ajoute le scénariste. Aussi les compères échangent-ils les bonnes adresses, conseils pratiques et opportunités de collaboration. Un petit vivier qui, s'il n'a pas vocation, en tant que collectif, à produire ni réaliser, a le mérite de rendre visible une somme de compétences locales auprès des professionnels.

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            « Il y a une très grande pénurie, c’est dramatique »

            Dons de gamètes

            Chaque année, des milliers de nouveaux couples souffrant d’une infertilité médicale s’inscrivent dans un centre spécialisé pour espérer bénéficier d’un don de gamètes. Mais le manque de donneurs et de donneuses se fait ressentir. La Région Centre-Val de Loire n’échappe pas à ce phénomène. Reportage. marie deroubaix

            En Centre-Val de Loire, 20 donneuses et 14 donneurs ont permis la naissance de 82 enfants, en 2015. Tours est la seule ville de la région disposant d’un centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains (CECOS) accueillant ces donneurs. Mais ils sont beaucoup moins nombreux que les couples en attente d’un don. « Pour les dons de spermatozoïdes, il y a 15 mois de délai d’attente », explique Cynthia Frapsauce, praticien hospitalier et biologiste au CECOS du CHU de Tours. La moyenne nationale, elle, varie entre 12 à 18 mois. Pour les dons d’ovocytes, ça se complique : « Aujourd’hui, à Tours, nous avons 180 couples en attente d’un don d’ovocytes. Il y a environ quatre ans de délai d’attente pour en bénéficier. Nous sommes en train de proposer des dons d’ovocytes aux couples qui se sont inscrits en 2013. Il y a une très grande pénurie, c’est dramatique. » La France a toutefois cherché, en janvier 2016, à augmenter le nombre de donneurs et de donneuses en ouvrant la démarche aux personnes n’ayant pas procréé. « Ça a bien marché pour le don de spermes puisqu’on a eu une augmentation d’environ un tiers du nombre de donneurs, qui continue encore aujourd’hui. Par contre pour les donneuses, ça a bien fonctionné en 2016, mais désormais il y a un essoufflement », regrette Cynthia Frapsauce. Et pour cause, le traitement hormonal à prendre pour faire le don de ses ovocytes est « très lourd. On leur fait des injections d’hormones quotidiennes à heure fixe pendant une dizaine de jours. Cela nécessite une surveillance, par des prises de sang et des échographies, tous les deux jours pendant la durée du traitement. Ensuite, il y a la ponction d’ovocytes, qui est une petite chirurgie se réalisant sous anesthésie locale ou générale », énumère la biologiste.

            « Il ne peut pas y avoir plus de 10 naissances par donneur. » Dr Cynthia Frapsauce

            Quels moteurs pour les donneurs ?

            En France, le don est anonyme et sans compensation financière. L’altruisme est donc la principale motivation des donneurs. Par ailleurs, certains ont été sensibilisés au problème de l’infertilité par un couple de leur entourage en difficulté pour procréer. Ils sont plus de la moitié des femmes (53 %) et des hommes (57 %) à s’être portés candidats au don dans ce cas là. Se constituer donneur, peut, dans certains cas, faire avancer le processus pour un couple de son entourage en demande. Mais cette pratique est très controversée, comme le dévoile Cynthia Frapsauce : « Le récent guide des bonnes pratiques ne recommande pas d’y avoir recours. Mais cela se fait dans beaucoup de centres parce que ça favorise vraiment les dons. » Parmi les freins et les inquiétudes chez de potentiels donneurs, on retrouve la probabilité que leur enfant puisse tomber amoureux d’un hypothétique enfant né de leur don : « En théorie, on ne peut pas l’exclure, mais la probabilité est extrêmement faible. Cela relèverait presque du domaine de la fiction. » Autre point essentiel, en France, la loi limite le nombre d’enfants par donneur. « Il ne peut pas y avoir plus de 10 naissances par donneur », insiste Cynthia Frapsauce. Rien à voir avec le film Starbuck… 

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            • À savoir

              Quelles conditions pour donner ?

              Il faut être en bonne santé, avoir entre 18 et 37 ans pour les femmes et entre 18 et 45 ans pour les hommes. Trois grands principes régissent le don de gamètes : l’anonymat, la gratuité et le libre consentement. Pour les personnes en couple, le consentement du conjoint(e) est obligatoire.

              Quelles conditions pour recevoir ?

              Selon la loi française, le don d’ovocytes et le don de spermatozoïdes sont destinés à des couples composés d’un homme et d’une femme en âge de procréer, mais qui n’arrivent pas à avoir d’enfant. Le don vise alors à remédier à l’infertilité de l’homme ou de la femme qui a été diagnostiquée par des médecins spécialisés. Dans certains cas, les dons d’ovocytes ou de spermatozoïdes peuvent bénéficier à des couples pour lesquels il existe un risque de transmission d’une maladie génétique grave à leurs enfants.

              Le détail des chiffres dans la région

              - 20 donneuses ont permis à 28 couples de bénéficier d’un don d’ovocytes permettant la naissance de 19 enfants, en 2015.

              - 14 donneurs ont permis à 93 couples de bénéficier d’un don de spermatozoïdes permettant la naissance de 63 enfants, en 2015.

              Où trouver un centre de dons ?

              CHRU Bretonneau – service de médecine et biologie de la reproduction – CECOS, 2 boulevard Tonnellé, à Tours.