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  • Quelles résolutions pour 2018 ?

    En direct

    Santé

    Cette année, et pour la première fois depuis 2013, le sport est la résolution la plus plébiscitée par les Français pour l’année à venir. Le Centre-Val de Loire suit la tendance nationale avec le sport également en tête du podium des résolutions (à 29 %), selon une étude de la Fédération Française d’Éducation Physique et de Gymnastique Volontaire (FFEPGV) conduite en collaboration avec IPSOS. On remarque cependant des disparités en fonction du sexe et de l’âge. Les hommes font du sport leur résolution prioritaire à 32 %, contre 26 % pour les femmes. Par ailleurs, plus on est jeune, plus la résolution de faire du sport apparaît comme importante. Les autres résolutions sont : passer plus de temps avec ses amis et sa famille (27 % des habitants du Centre-Val de Loire), et avoir un rythme de sommeil plus régulier (26 %). 

  • Quels sont les départements les plus attractifs ?

    Région

    2 578 592. C’est le nombre d’habitants recensés en Centre-Val de Loire selon les derniers chiffres de l’INSEE entrés en vigueur au 1er janvier 2018, mais dont les études se basent sur le recensement de 2015. La Région a gagné 30 527 personnes par rapport à l’année précédente, soit une augmentation de 0,2 %. Le Loiret et l'Indre-et-Loire sont les départements les plus peuplés, regroupant près de la moitié de la population régionale. Ils sont les plus dynamiques, avec une augmentation de la population de 0,5 % par an depuis 2010. Cela s’explique par un solde naturel positif, c’est-à-dire plus de naissances que de décès, et un solde migratoire positif. En Indre-et-Loire, nous comptons désormais 604 966 personnes, dont 136 252 à Tours.

    Dans le sud de la région, au contraire, les populations du Cher et de l'Indre baissent respectivement de 0,1 % et de 0,6 % par an. L'Indre a perdu presque 7 000 habitants en cinq ans.

Les Brèves

    Quel est le nouveau visage de la prostitution ?

    Indre-et-Loire

    En Indre-et-Loire, comme ailleurs en France, le développement de la prostitution inquiète. Une commission de lutte contre ce phénomène a été mise en place le 22 décembre dernier dans le département, sous la présidence de la préfète, Corinne Orzechowski. Quelles sont ses missions ? Quel est le nouveau visage de la prostitution ? Le phénomène est-il en augmentation ? Réponses.

    Marie Deroubaix

    S’il est très difficile de chiffrer exactement le nombre de personnes qui se prostituent, pour Nadine Lorin il est en tout cas certain que le phénomène ne faiblit pas. Pire, la prostitution concernerait de plus en plus les mineurs, qui la banalisent. Pour la déléguée départementale aux droits des femmes et des inégalités, à la tête du pilotage de la nouvelle commission de lutte contre la prostitution, « la libéralisation de la pornographie » pourrait en être l’une des causes. « La référence au corps de l’autre y est dégradée. Les femmes dans les films pornographiques sont considérées comme des objets sexuels pur jus. Cela déteint sur les relations garçons/filles à l’adolescence. La notion de consentement semble être en train de se perdre. » Les autres terreaux favorables à la banalisation de la prostitution seraient l’image de la femme dans la publicité : « On se sert du corps de la femme pour sublimer des produits », s’indigne Nadine Lorin, qui regrette également « la société à domination masculine » dans laquelle nous continuons de vivre. L’une des missions de la nouvelle commission départementale de lutte contre la prostitution est ainsi de travailler sur ces problématiques pour que la marchandisation de la sexualité ne soit pas prise à la légère par la société. L’idée est également de mettre en place un accès à des parcours de sortie de la prostitution, ce qui n’ « est pas une mince affaire », insiste Nadine Lorin. En effet, il faut pour les victimes de la prostitution qui veulent en sortir, « accepter dans un premier temps de ne pas gagner sa vie ».

    De nouvelles formes de prostitution

    En Indre-et-Loire, grâce à une étude qui a été menée, 252 hommes et femmes ont été recensés comme des personnes se prostituant, dont 14 mineurs. Parmi ces personnes, 84 ont été repérées sur un grand réseau Internet. Mais Nadine Lorin précise que ces statistiques reposent sur seulement 25 % de réponses des réseaux locaux de lutte contre les violences faites aux femmes. Ainsi, on pourrait penser que ce résultat pourrait être multiplié par deux... En effet, aujourd’hui, et c’est là toute la complexité pour les quatorze membres de la commission de lutte d’Indre-et-Loire, « la prostitution prend des formes extrêmement diverses et variées. » Si le recul de la prostitution diurne est notable, on assiste au contraire au développement de la prostitution sur Internet, ou dans des lieux et espaces fermés avec séquestration et mobilité des prostitués (sex tour). Si certains hommes ou femmes se prostituent sans être sous la coupelle d’un proxénète de prime abord, Nadine Lorin précise qu’il ne s’agit jamais d’un acte anodin : « Les personnes sont généralement détruites par les actes de la prostitution. Ce sont souvent des personnes qui souffrent de dissociation : la tête est ailleurs pendant que le corps est manipulé. » Il faut aussi avoir conscience que « les personnes se prostituant seules peuvent très vite être repérées par les réseaux de prostitution, être forcées à en intégrer un et ne plus pouvoir en ressortir à cause des menaces subies. »

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      • La Gabare, késako ?

        Une Gabare est égale à un Euro. Cette monnaie n’a pas pour but de remplacer l’Euro, elle est simplement « complémentaire », insiste Julien Gangneux. Les deux moyens de paiement peuvent se combiner. Elle est autorisée par la loi Hamon 2014 et sa valeur est garantie par la NEF, un établissement financier éthique où sont déposés les euros confiés à l’association contre des Gabares. Cette banque permet de financer de nombreux projets à valeur sociale ou écologique sur notre territoire. 

      La Gabare ne chavire pas !

      Économie

      La gabare est un bateau à fond plat qui permet des échanges commerciaux par la voie fluviale. Mais ce n’est pas qu’un moyen de transport doux, c’est aussi la monnaie locale de Touraine. « Comme le bateau, la Gabare est un moyen d’échanges doux », où le respect de l’humain et de l’environnement est au cœur des transactions. Tous les détails avec Julien Gangneux, membre de l’association Les planches à Gabare.

      Marie Deroubaix 

      La Gabare est « l’une des monnaies locales qui se développe le plus vite en France ». Julien Gangneux, membre actif de l’association Les planches à Gabare, n’est pas peu fier du développement de cette monnaie locale de Touraine. Lancée il y a plus d’un an et trois mois, la Gabare compte aujourd’hui plus de 3 000 utilisateurs et 215 adhérents professionnels. La motivation première de ses usagers est d’« agir pour le développement de l’activité économique locale », résume le bénévole. Si les euros terminent généralement rapidement leur course à la banque, la Gabare au contraire va circuler pour aller chez un autre prestataire membre du réseau. Ainsi, en générale, une valeur de monnaie locale fait huit rebonds avant d’être échangée en euros pour retourner à la banque. Mais attention, seuls les professionnels peuvent les rééchanger en euros. Les particuliers ne doivent pas trop tarder à faire flamber leurs billets puisqu’ils ont une validité limitée dans le temps. Au bout de douze mois, ils périment ! Le particulier doit alors se rendre dans un des seize comptoirs d’échanges de Touraine pour les transformer en billets valides, grâce à un timbre qui coûtera 2 % de la valeur du billet. « Le but d’une monnaie n’est pas de rester dans un placard. Ce système de péremption est fait pour inciter à l’utilisation et éviter la spéculation », détaille Julien Gangneux. Ce dernier point est cher au jeune homme : « Les banques inventent l’argent par les prêts. Plus on fait circuler de l’argent sur un compte bancaire, plus la banque peut créer de la monnaie fictive. Mais pourquoi, si l’argent est inventé, laisse t-on dormir les gens dehors ? », s’indigne-t-il. Très investi dans l’association, il a intégré 125 professionnels dans le réseau, soit plus de la moitié : « c’est gratifiant de pouvoir faire entrer en contact les acteurs économiques du territoire ». Il se souvient notamment de l’Oxford Pub qui se fournit désormais à La Boutique Cafés, contre une grande chaîne auparavant. « Le goût de son café n’est plus du tout le même, et pour rien au monde il ne rechangerait de fournisseur ! », s’extasie-t-il. Et ce n’est pas tout, pour le shampouinage de ses moquettes, l’Oxford Pub se tourne vers Éco-Logis, une société de nettoyage écologique à Tours, et fait imprimer ses cartes de visite à La Graffinerie de Nazelles-Negron. Le tout payé en... Gabares ! De quoi créer une belle économie circulaire. Plus de 68 000 Gabares ont été échangées depuis le lancement de cette monnaie, et actuellement elles sont environ 35 000 en circulation, « avec une croissance forte de 10 % par mois ». La différence entre le nombre de Gabares en circulation actuellement et celles échangées depuis le début s’explique par la conversion de certains professionnels de leurs Gabares récoltées en euros : « avec seulement 50 % de rééchange, c’est un bon ratio. Cela veut dire que les 50 % autres arrivent à les réutiliser », se réjouit le bénévole.

      Une monnaie locale pour plus de lien social ?

      En plus de relocaliser les échanges économiques, une monnaie locale peut aussi avoir pour objectif de créer plus de lien social entre les acteurs d’un même territoire. La Gabare en fait partie. Elle est tournée, selon ses créateurs, « vers le respect des êtres humains et de la nature ». Pour faire partie du réseau de prestataires adhérents, il faut respecter les mêmes valeurs éthiques de l’association, inscrites dans une charte. « Si vous vendez des pesticides ou des armes à feu, vous ne pourrez pas faire partie du réseau », cite en exemple Julien Gangneux. La Gabare veut redonner du sens à nos achats : « Elle incite les personnes à revoir leurs modes de consommation actuels », insiste le bénévole. Elle permet d’élargir ses horizons, de se questionner sur sa façon de penser le monde, « plutôt que de se laisser enfermer dans des dogmes économiques », peut-on lire sur le dépliant de l’association. Une monnaie locale est ainsi un moyen de sortir de la complexité des flux financiers, et de ses faiblesses. Les monnaies alternatives ont d’ailleurs connu une montée en puissance à la suite du krach boursier de 2008. Cela rejoint la volonté de combattre la finance toxique, en écartant chaque euro échangé en monnaie locale des circuits financiers spéculatifs et des paradis fiscaux. La Gabare crée ainsi du sens, et devient un véritable outil identitaire et de revendication d’un territoire, à savoir La Touraine. ?

      La carte des prestataires acceptant la Gabare et la liste des comptoirs d’échanges où s’en procurer sont visibles sur le site Internet www.gabare.mlc.camp.

      Les Brèves

      • La Gabare en chiffres

        35 000 Gabares sont actuellement en circulation.

        3 000 personnes l’utilisent.

        215 professionnels adhèrent au réseau, pour un total de 300 lieux d’acceptation.