Les Brèves

  • 2019, l’année de tous les espoirs

    S’il s’agira de marquer la mort d’un des plus grands hommes que la terre ait porté, en l’occurrence Léonard de Vinci, ce cinq centième anniversaire sera surtout l’occasion de mettre en lumière un patrimoine Renaissance particulièrement présent sur notre territoire.

    Après avoir longtemps regretté de ne pas avoir été capitale de Région, cette collectivité, en lui permettant de développer un tel outil (lire ci-dessus) devrait assurer à Tours, à partir de 2019 et pour les deux ou trois ans à suivre, d’être la capitale de la Renaissance.

    Voilà qui devrait satisfaire certains ego, mais qui va surtout alimenter le flux des visiteurs et pas seulement durant les fortes périodes estivales. C’est d’ailleurs ce dernier aspect qui devrait surtout satisfaire le commerce en lien direct ou indirect avec le tourisme. P.H.

La Renaissance de Tours

Nouvelle technologie touristique

Dans le cadre du programme prévu par le Conseil régional en 2019 qui célébrera les 500 ans de la Renaissance, le Centre d'études supérieures de la Renaissance de Tours pilote le projet d'une reconstitution 3D de la collégiale Saint-Martin. Mais c'est aussi une partie du quartier des halles que chercheurs et techniciens du numérique ont fait revivre. Magique. florian mons


Il était d'abord question de musique. Il y a trois ans, David Fiala, chercheur en musicologie et maître de conférence à l'Université de Tours, répondait à un appel d'offre lancé par le Conseil régional Centre-Val de Loire et proposait une interprétation d'une œuvre du compositeur tourangeau d'adoption Jean Ockeghem dans un cadre particulier, celui de la collégiale Saint-Martin. Pas celle qui nous est parvenue, que l'on connaît sous forme de vestiges, mais sa version du XVe siècle ! Un projet pluri-partenarial, baptisé Revis Martin, au budget de 200 000 euros, porté par le Centre d'études supérieures de la Renaissance de Tours (Cesr) via son programme Intelligences des patrimoines. « J'avais travaillé sur un projet similaire à Dijon, en reconstituant une chapelle pour y interpréter des célébrations liturgiques » raconte David Fiala. Cette fois, à Tours, c'est le requiem composé par Ockeghem au XVe siècle qui a été choisi, « le premier requiem français jamais composé » précise le musicologue, interprété pour l'occasion par l'ensemble Gilles Binchois de Dijon.

Son spatialisé

Mais pour retrouver le son de l'époque et immerger l'auditeur dans l'atmosphère de ces célébrations, il fallait d'abord rebâtir la collégiale. Qu'on se rassure, pas de pelleteuses à l'horizon, pas de rues bloquées pour aucuns travaux. Le chantier fut numérique. D'une part, le son a été « spatialisé ». Si le requiem a été enregistré dans une salle au volume plus modeste que celui de la collégiale, « les ingénieurs du son peuvent faire des miracles » précise David Fiala. Outre la situation du chœur et la disposition des chanteurs, ces ingénieurs ont dû prendre en compte la présence de divers éléments de l'endroit. « Il y avait par exemple un dais, ainsi que de grandes tapisseries de cinq à six mètres, qui avaient certainement une fonction acoustique ». Il fallut également reconstituer les variations sonores perçues par le visiteur au gré de ses déplacements, en prévision du film d'animation qui résultera de cette reconstitution et de l'éventuelle élaboration d'une visite virtuelle.

Truelles numériques

Quant au cadre bâti, c'est le studio tourangeau Drip Moon, à deux pas du Centre d'études supérieures de la Renaissance, qui s'en est chargé. Si les activités de Drip Moon sont assez diverses, l'un de ses membres a exercé auparavant dans un labo d'archéologie et un autre a suivi une formation d'architecte paysagiste. Drip Moon avait en outre été sollicité par le prieuré Saint-Cosme pour une projection 3D de ses jardins. Pour familier que soit le studio du monde du monde du patrimoine, « c'était un petit défi » confient les spécialistes. « J'ai transpiré... » confie même Gwen, qui a travaillé avec, derrière son épaule, le regard de la chercheuse Emeline Marot, archéologue au laboratoire Archéologie et territoires de l'université de Tours. Alors, comment faire revivre la collégiale quand on ne dispose que de quelques vestiges ? « Nous avions plusieurs sources » explique Emeline Marot « comme la reconstitution faite par Charles Lelong dans les années 70, mais aussi des peintures, de rares témoignages ou encore une comparaison avec la cathédrale de Bourges, dont on connaît des similitudes avec la collégiale... ». Au total, un corpus de plusieurs centaines de documents tout de même, « mais nous avons beaucoup échangé avec les historiens de l'architecture. Et surtout, de nombreux relevés numériques ont été effectués ainsi qu'un travail de photogramétrie ». Grâce à cette technologie numérique de haute précision, « il nous est arrivé de constater que les anciens relevés ne collaient pas » précise la chercheuse. Or, les techniciens de la 3D sont très exigeants quant à la fourniture de données précises. Il faut alors corriger, proposer des hypothèses et la reconstitution devient un élément à part entière de la recherche, un peu à la manière de l'archéologie expérimentale.

Une partie du quartier reconstituée

Non contents de faire renaître la cathédrale, les spécialistes ont même reconstitué une partie du quartier des halles et de la rue du grand marché, mais le paysage perceptible s'étend du quai Paul Bert au boulevard Béranger. « Pour ces habitations, nous avons fait une trentaine de modèles différents » explique Gwen, à Drip Moon, « et modélisé des personnages, inspirés de tableaux d'époque comme ceux de Fouquet. La ville vit, avec ses artisans et ses commerçants ». Notons la reconstitution du portail de l'hôtel du trésorier de Saint-Martin, qui sera d'ailleurs un élément du scénario dans lequel on suivra Ockeghem lui-même. Au final, une splendide réalisation aux détails surprenants mais dont les auteurs précisent avec une prudence toute scientifique qu' « il ne s'agit pas là d'une reconstitution définitive et sûre à 100 % ».

« c'était un petit défi » confient les spécialistes. et gwen d’ajouter : « j'ai transpiré... »

Pour le Cesr, l'utilisation de ces technologies, à mi-chemin de la recherche et de la pédagogie, est désormais incontournable et représente un enjeu essentiel. Familier des reconstitutions réelles comme celle d'une fête de cour il y a deux ans, ou virtuelles, comme la numérisation intégrale du château de Chambord, doté d'un pôle numérique, le centre dispose également désormais d'un incubateur de start-ups au sein du pôle Mame. En outre, une plate-forme de données, baptisée Renaissance-transmédia lab sera très bientôt mise en ligne. Pour Benoist Pierre, directeur du Cesr, il s'agit même maintenant « d'évaluer les conséquences cognitives » de ce flot de données démesuré. « Nous comptons désormais en dizaines voire en centaines de Terra. Reste à structurer ces données et à les rendre accessibles ». Une technologie devenue à ce point essentielle que le Cesr ouvrira à la rentrée 2018 son École supérieure en intelligence du patrimoine, « au croisement des sciences sociales et des sciences du numérique ». Parmi les formations, trois masters seront consacrés à la maîtrise des nouvelles technologies, dans le domaine de la recherche comme de la médiation. 

Les Brèves

  • 6 000

    C’est le temps en heures qu’il a fallu consacrer à la conception numérique 3D de ce que l’on pourra bientôt découvrir.

Les Brèves

    Les Utopies en huit variables

    TED'x de Tours le 27 avril

    Utopies, le mot clé de la soirée, mènera huit « speakers » à monter sur scène pour parler de leur expérience, de leur réflexion et ils nous baladeront à travers les nouvelles technologies, le cerveau et même jusqu’à l’espace... Mais pour les bénévoles du TED'x, outre la qualité des intervenants et des idées qu’ils veulent transmettre, ce sont d’autres barrières qu’ils espèrent soulever. Et cela commence à prendre ! philippe hadef


    Quel est le point commun entre Marrakech, Minneapolis, Tours et Neuvy-le-Roi ? La réponse est simple : le Ted’x de Tours qui, ce vendredi 27 avril, à partir de 18h30 investira le grand théâtre pour une suite de huit conférences – ne pouvant excéder 18 mn chacune – lesquelles seront retransmises en direct dans différents lieux relais (lire ci-contre). Pour cette quatrième édition, la voix du Ted’x Tours retentira donc fortement et notamment à l’étranger au cœur de cités qui ont déjà des liens étroits avec la capitale départementale.

    Car rien ne semble endiguer la vague Ted’x à Tours. Même les problématiques de transports ont été anticipées afin que les huit speakers – dont l’identité n’a toujours pas été dévoilée – soient bien présents je jour J.

    Alors oui, mais un Ted’x c’est quoi ? C’est un concept simple : être invité sur scène pour partager son expérience, sur la base d’une idée qui a pour seule ambition de susciter la réflexion dans l’assistance. Et comme pour chacun des rendez-vous organisés dans les 98 pays qui ont décidé de suivre le mouvement, chaque organisateur décide d’un mot clé, d’un fil rouge qui fera sens même si parfois on semblera s’écarter du thème. On pourrait penser qu’en choisissant « Utopies », les Tourangeaux ont pris une voie simple « On s’est tous très vite retrouvé sur ce thème très fédérateur en notant aussi que déjà, entre nous, il y avait des visions différentes à l’énoncé de ce mot », explique le président Fabien Boutard.

    Il y a le live, et après...

    Si l’on fait le compte... 600 personnes au grand théâtre qui se sont arrachées les places en vingt-quatre heures, 450 disponibilités dans les lieux relais – et déjà 300 inscriptions à une semaine de l’événement – cela pourrait paraître encore modeste. Pourtant, depuis la première édition, le nombre de personnes qui ont visualisé ces « talks » auraient pu remplir des dizaines de Zénith. 153 000 autres personnes ont, a posteriori, visualisé les vidéos, parfois traduites en langues étrangères. La viralité, voilà bien la volonté première de cette rencontre. Mais une viralité qui doit donner du sens au message. Ceci explique notamment tout le travail préliminaire de sélections des « speakers » qui doivent non seulement être dans le thème mais également parler de leur propre expérience, afin que l’émotion soit palpable, pour en extraire une idée de fond et... au final une réflexion à partager.

    Mais si le Ted’x Tours s’internationalise – a priori une première dans les Ted’x organisés en France – l’équipe des bénévoles voudrait aussi casser les barrières sociales et pas seulement les distances.

    L’hôpital, la prison, « on y reviendra »

    « On a essayé d’entrer dans la prison », explique le président de la team. « Mais une manifestation de ce type, le soir, regroupant les personnes incarcérées, cela semblait impossible pour l’administration pénitentiaire ». Même son de cloche à l’hôpital. « Mais on y reviendra car on est concrètement dans notre utopie à nous ». En l’occurrence, ouvrir les portes de la pensée et donner à réfléchir. Et quel meilleur public que ceux qui ont perdu espoir en l’avenir, perdu confiance en eux, en leur capacité de rebond, pour écouter des gens comme eux, issus du même territoire – ou presque – raconter leur propre histoire et les pousser à l’introspection ou à l’inverse au débat partagé. Et surtout rappeler que tout est possible parce qu'eux en sont l’exemple vivant.

    Car aujourd’hui, le Ted'x de Tours est devenu presqu’une institution : « c’est vrai que notre première victoire c’est d’être reconnu. Les speakers tourangeaux nous le disent car même après plusieurs années ils continuent à croiser des personnes qui leur parlent de leur intervention ».

    Mais le secret le mieux gardé reste l’identité des personnes qui seront sur scène le 27 avril. Des stars ? Des peoples ? Ou votre voisin ? Vous le découvrirez à la dernière minute. Mais ne vous attendez pas pour autant à voir débarquer un des membres de la famille Halliday témoigner de la douleur d’une perte et de la difficulté du partage. Non, pour la plupart il s’agit de personnes que l’on ne voit pas dans la lumière. Moins capricieux que ceux qui ont l’habitude de monter sur les planches, avec l’humilité nécessaire pour écouter les conseils des coachs. « Et souvent, ces conférences par des inconnus sont extrêmement plus intéressantes que celles que peuvent proposer des personnalités », confirme le président du Ted’x Tours. Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’on ouvrira grand les portes de la technologie, que le cerveau sera parfois au centre des mots, que le développement durable saura nous surprendre et que l’on partira même très certainement dans l’espace... Joli programme non ? 

    Plus d'infos : Ted’x Tours : le 27 avril, de 18h30 à 23h au Grand théâtre (complet) et en retransmission vidéo live et gratuite dans les lieux relais (lire ci-contre).

    Les Brèves

    • À SAVOIR

      Les lieux relais

      • Salle Boulay à Neuvy-le-Roi (en collaboration avec la commune de St-Paterne)

      • F.O.L. 37 à Joué-lès-Tours

      • EDF Le Galion aux Deux-Lions à Tours

      • Cefim aux Deux-Lions à Tours

      • Start’ In Box – Tours

      • Le H.Q. à Tours

      D’autres lieux ont pu être ajoutés depuis que nous avons imprimé ces informations. Inscription obligatoire sur www.tedxtours.com/billetterie


      L’accessibilité

      L’équipe des bénévoles en collaboration avec la ville de Tours et le service Culture et Handicap a travaillé pour améliorer l’accessibilité aux personnes en situation de handicap. « C’est une volonté forte que nous souhaitons développer encore plus dans les prochaines éditions » explique l’équipe tourangelle.

      Pour l’édition 2018, « nous avons des places réservées au Grand Théâtre pour les personnes à mobilité réduite. Nous offrons aussi à travers le streaming l’accès à du sous-titrage sourds et malentendants sur les talks ».

      Les lieux relais offrent aussi pour un bon nombre une facilité d’accès pour les personnes à mobilité réduite et compte tenu de la dynamique engagée cette année, on peut d’ores et déjà imaginer que des initiatives nouvelles interviendront l’année prochaine pour la cinquième édition.


      L’équipe du Ted’x Tours

      Car il faut bien rendre hommage à tous ceux qui sont dans l’ombre, voici la liste exhaustive de tous ceux qui ont œuvré pour la bonne réalisation de ce 4e Ted'x de Tours :

      Le bureau :

      Fabien BOUTARD (président), Olivier Raynaud, Jérôme Simon, Julien Trautmann, Bénédicte Loustalot, Armelle Guilloux, Audrey Mesmin 

      Pôle communication :

      Jérôme Simon, Jessie Pasquier-Trautmann, Marie-Hélène Birck, Lea Frideloux, Vanessa Sauvage-Turpin, Stéphanie Audureau, Antoine Gayral

      Pôle expérience : 

      Olivier Raynaud, Julie Capelle, Romain Perez, Julien Boulanger, Florence Dubois 

      Pôle partenaires : 

      Bénédicte Loustalot, Audrey Mesmin, Anne Quentin, Nathalie Guerreiro, Alexis Menard

      Pôle ambassadeurs : 

      Audrey Mesmin, Evelyne Lathiere, Louis Barbier,Fabien Gogot, Séverine Menut, Ludovic Michel, Chloé Nouël-de-Kerangué, Sam Cornu, Jean-François Dailloux, Antoine Bortolotti

      Pôle speakers :

      Fabien Boutard, Armelle Guilloux, Jean-Marie Moës

      Jean-Philippe Reau, Audrey Huvet, Camille Lelievre