Les Brèves

    BLOCAGE DES RAFFINERIES : POURQUOI LES AGRICULTEURS SONT-ILS EN COLÈRE ?

    Société

    Une dizaine de raffineries et centres de stockage de carburant ont été bloqués, du dimanche 10 au mercredi 13 juin*,

    par les agriculteurs, et parmi eux, ceux de notre département. L’objectif ? Dénoncer les importations de matières agricoles qui ne respectent pas les standards de production française. Marie Olympe Deroubaix

    *À l’heure où nous bouclons ce journal, nous ne savons pas si le mouvement a été reconduit. 


    On demande aux agriculteurs français de garantir une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous, et dans le même temps, le gouvernement laisse entrer sur notre territoire, sans contrôle, des produits qui ne respectent pas nos exigences sociales, environnementales et sanitaires », explique-t-on au syndicat agricole UDSEA d’Indre-et-Loire. Et la « goutte d’eau qui a fait déborder le vase » de ce ras-le-bol, c’est « le projet d’importation envisagé par le groupe Total de 450 000 tonnes d’huiles de palme pour faire du biocarburant, alors qu’on a du colza en France ! » dénonce Dominique Malagu, président de l’UDSEA 37 et de la FNSEA Centre-Val de Loire. Il fait ainsi référence à l’arrêté préfectoral autorisant le grand groupe pétrolier à exploiter sa bioraffinerie de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône, fonctionnant à base d’huiles de palme. Pour lui, « 450 000 tonnes d’huiles de palme importées, c’est autant d’huiles végétales qui ne seront pas produites en France ». C’est aussi à peu près 600 000 tonnes de tourteaux, ces résidus de fabrication d’huiles qui servent à nourrir les élevages, qui ne seront pas produits en France. « On déstabilise les filières vertueuses qui font de la production sans OGM car s’il n’y a plus de tourteaux, on sera dans l’obligation d’importer du soja OGM », insiste Sébastien Prouteau, président délégué de l’UDSEA 37. Pour lui, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, ainsi que le gouvernement, font preuve de « non-sens », avec des décisions « illogiques ». Dominique Malagu résume ainsi la situation : « on voit bien qu’il y a une volonté du gouvernement de dire qu’il faut produire mieux, avec moins de produits phytosanitaires, et que les produits doivent être plus sains… avec des contraintes pour les agriculteurs qui auront un impact sur leur coût de production. Mais en parallèle de ça, ils prennent des décisions pour faire du libre-échange et laisser importer des produits avec des conditions de production qui ne sont pas du tout les mêmes. » Outre Total et son huile de palme, les agriculteurs remettent en cause les accords du Mercosur avec l’Amérique du Sud, du CETA avec le Canada, ou encore « les discussions qui ont actuellement lieu avec le Mexique et la Nouvelle Zélande ».

    « On ne peut pas, en France, prétendre s’inspirer de la permaculture, saine, responsable et durable, et à côté de ça faire de l’importation de produits qui ne correspondent pas du tout au cahier des charges qu’on impose chez nous. C’est vraiment une distorsion de concurrence pour nous les producteurs, que ce soit éleveurs ou céréaliers, et une décision complètement illogique. »
    Sébastien Prouteau, président délégué de l’UDSEA 37

    L’obsession du manger sain

    Face à la prise de conscience émergente des Français sur l’importance de la qualité de leur alimentation, les agriculteurs d’Indre-et-Loire se disent à l’écoute, comme ici avec Sébastien Prouteau : « En 20 ans, en France, on a baissé l’utilisation des produits phytosanitaires de 40 %. La culture française a fait des efforts énormes. On est prêt à faire encore plus d’efforts, à répondre à la demande sociétale d’avoir des produits encore plus vertueux, mais il faut aussi qu’on nous donne les moyens techniques et financiers. Il faut laisser le temps de la recherche, du développement, et de trouver des alternatives. » Une référence à la question brûlante du glyphosate. Et si les consommateurs ne veulent plus avoir de telles matières actives sur les produits, à eux aussi de prendre conscience que « le produit sera plus cher. » Mais la question sanitaire ne représente pas la globalité du problème. Les agriculteurs pointent aussi du doigt les distorsions de concurrence en termes de main d’oeuvre, et vis-à-vis des normes environnementales. Pour Sébastien Prouteau, l’affaire Total avec sa bioraffinerie de la Mède est « contraire à l’ambition européenne de réduire les importations d’huiles de palme. La France s’inscrit aujourd’hui en acteur de la déforestation dans les pays d’Asie ! », conclut-il. 

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      ACTUALITÉS

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      • universités

        Toujours à LAFU

        500 candidats et 100 entreprises se sont retrouvés à Tours et à Orléans, respectivement au cœur des CCI pour cette troisième édition des rencontres de l’apprentissage filières universitaires (LAFU). Le but de ce forum : favoriser la rencontre entre les entreprises ayant des besoins de recrutements d’apprentis et les candidats en recherche de contrat. Et le résultat est plus que probant puisque 91 % des entreprises pensent avoir trouvé leur apprenti.

      • UNE INITIATIVE POUR LES FÊTARDS

        Le festival Terres du son, qui va avoir lieu les 6, 7 et 8 juillet au domaine de Candé, à Monts, a monté une cagnotte en ligne pour la construction d'une douche solaire avec Eclowtech. « Une manière innovante de réduire notre consommation énergétique (et d'offrir des douches chaudes aux bénévoles) ! », expliquent-ils sur Twitter. 

      • ILS ONT DIT

        L’équipe Tours avenir 

        « Nous avons appris avec stupéfaction l’annulation des activités programme d’éducation à l’environnement et au développement durable sur le site de la gloriette. Rappelons que la nouvelle majorité à Tours Plus avait décidé en 2014, à son arrivée aux affaires, de fermer la maison de l’environnement de Joué-lès-Tours, jugée redondante avec l’offre d’éducation à l’environnement située sur le site de la gloriette. Les économies de fonctionnement ont donc déjà été réalisées dans ce secteur d’activité. Rien ne peut donc justifier la déprogrammation des animations prévues cet été. » 

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        LES JOURNÉES DU BÉNÉVOLAT SE PRÉPARENT !

        La 8e édition des journées du bénévolat se prépare activement. France Bénévolat Touraine a déjà rassemblé 65 associations dans des domaines aussi divers que l’humanitaire, l’environnement, le culturel ou encore l’éducatif. Marie Olympe Deroubaix

        Les journées du bénévolat auront lieu les 29 et 30 septembre à l’Hôtel de ville de Tours, mais d’ores et déjà l’association en charge de l’événement est dans les starting blocks pour préparer dans les règles de l’art cette manifestation. « 65 associations sont inscrites à ce jour, et il reste 20 places à pourvoir », explique Richard Levrier, vice-président de France Bénévolat Touraine. Tout les domaines seront représentés, mais « le social et la santé représentent à eux seuls 60 % des associations participantes », détaille Henriette Sautière, présidente de France Bénévolat Touraine. Elle concède néanmoins qu’ « il y en a plus dans les domaines de l’environnement er de la culture qu’avant. »

        De plus en plus de jeunes engagés

        Lors de la dernière édition de cette manifestation qui existe depuis 2001, 3 000 visiteurs avaient déambulé au fil des stands des associations de Tours et son agglomération, et la plupart s’étaient engagés dans l’une d’elles. Henriette Sautière constate que « le domaine social est très demandé par les bénévoles, surtout chez les jeunes, notamment pour l’aide aux migrants. » Plus surprenant, la présidente de France Bénévolat Touraine dévoile qu’ « il y a plus de jeunes bénévoles qu’avant, et paradoxalement moins de retraités. » Outre la visibilité auprès du public, cet événement aura pour but de faire se rencontrer les associations entre elles. À noter que les stands ne seront pas disposés par thème, « pour que le public voit tout l’échantillon des associations de Touraine ».

        Des missions à responsabilités

        Outre l’organisation des journées du bénévolat, France Bénévolat Touraine reçoit près de 200 bénévoles par an en entretien personnalisé pour ensuite les rediriger vers les associations et les missions qui leur correspondent. Les missions sont très diverses, elles peuvent aller du tri de vêtements, de la manutention et du ramassage de produits alimentaires à des postes plus pointus, avec de grandes responsabilités, comme juriste, chargé de communication ou trésorier.

        Journées du bénévolat, 29 et 30 septembre, Hôtel de ville de Tours, 10 h-18 h 30, entrée libre. 

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        • Tout savoir sur le passeport bénévole

          Durant l’événement, seront organisées des conférences pour présenter le passeport bénévole, qui a pour but de valoriser et répertorier les expériences. À terme, il peut permettre l’obtention d’un diplôme dans le cadre d’une VAE. S’il est paradoxal de récompenser une mission bénévole, pour Henriette Sautière, « il faut le voir comme une reconnaissance. Avec le passeport bénévole, on se calque sur le modèle anglo-saxon où le bénévolat fait partie du CV. » 

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          UNE AFFICHE QUI DIVISE

          Centre LGBT de Touraine

          Les affiches de la 13e Marche des fiertés de Tours, organisée par le Centre LGBT Touraine, ont déplu à des associations conservatrices tourangelles. Le maire de Tours Christophe Bouchet a rajouté de l’huile sur le feu. Marie Olympe Deroubaix

          La 13e Marche des fiertés de Tours organisée par le Centre LGBT Touraine aura lieu samedi 16 juin. Mais à quelques jours de l’événement, dont le slogan est « PMA, un choix, un droit », une polémique a éclaté. Alors que l’affiche promouvant l’événement est déjà en place depuis environ deux mois, le maire Christophe Bouchet a fait paraître un communiqué à son encontre la semaine dernière : « La PMA est un sujet important qui doit faire l’objet d’un débat, dans la sérénité et le respect de chacun, à l’écoute attentive de toutes les sensibilités. L’affiche de la LGBT Touraine, association dont je respecte les engagements, a publié une campagne inutilement provocatrice et je le regrette, d’autant qu’elle affiche le soutien de la Ville de Tours sans concertation autour de cette communication. » Au même moment, des associations tourangelles conservatrices, telles que AFC, Tous pour la famille et Alliance Vita avaient dénoncé ces mêmes affiches. Pour le groupe d’opposition Les Démocrates, « ce qui aurait dû rester une polémique marginale habituelle des associations concernées a pris une tournure plus consternante et politique puisque notre maire Christophe Bouchet se fit leur porte-voix – les motivations sont évidentes – en déclarant cette campagne “ inutilement provocatrice ”. C’est là une provocante communication qui, de surcroît, vient étayer une morale close pour ne pas dire archaïque ! »

          « Cette affiche célèbre la diversité »

          Sur les réseaux sociaux, l’organisation LGBT Touraine a expliqué sa démarche et réagit aux propos du maire : « Deux mois que l’affiche de la Marche a été dévoilée et diffusée partout à Tours et au-delà. Certains la découvrent aujourd’hui ! Cette affiche célèbre la diversité. On peut y voir une femme, une personne transgenre, un homme. Nous y voyons surtout l’amour, un amour inconditionnel et universel (d’où la référence religieuse). » Le Conseil départemental 37 a quant à lui réaffirmé la légitimité de son logo sur cette affiche, en rappelant qu’ « au titre des structures disposant d’une aide financière de la collectivité départementale, le Centre LGBT de Touraine appose le logo du Conseil départemental sur ses supports de communication comme toutes les autres organisations d’évènements aidées par le Conseil départemental. Sur la forme, le Conseil départemental estime ne pas avoir à porter d’appréciation sur le visuel. Sur le fond, pour la PMA, qui va faire l’objet d’un débat national à l’initiative de M. le Président de la République, comme pour tout autre sujet de société, le Conseil départemental considère que la position de chacun et de chacune relève de la conscience individuelle. » 

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