Les Brèves

  • CV

    22/11/89

    née à Paris

    2012 

    créé Amael

    (médiation animale)

    2018

    se lance comme comportementaliste animale

MAUD GUILLAUMINAUD : LA MEILLEURE AMIE DES P’TITES BÊTES

Chaque jour, cette Tourangelle semble ne faire qu’un avec les animaux qu’elle côtoie. Elle cherche à les comprendre, à échanger avec eux, pour leur bien-être comme pour celui de leurs propriétaires. Rencontre entre deux promenades en bord de Loire. Claire Seznec

À l’Ouest de Tours, en suivant la Loire, l’automne est là, avec ses couleurs orangées. Au beau milieu des champs, une petite maison tout en hauteur va nous ouvrir ses portes. On y est accueilli par deux chiens sautillants, déjà prêts à faire la fête. Leur propriétaire, Maud Guillauminaud, les calme d’un ton assuré. Cela semble presque facile ; mais la jeune femme a des années de pratique derrière elle. Fille unique, elle s’est amusée, petite, à réaliser des tours d’agilité aux trois chiens de la famille. « Je coupais des croquettes en morceaux pour les récompenser, se souvient-elle. J’ai dû les soûler avec mes jeux ! » En faisant ça, Maud a tenté de comprendre ces canidés, de communiquer au mieux avec eux. Ses années d’équitation l’ont aussi amenée à s’intéresser aux autres animaux et, surtout, à s’entourer d’eux.

La thérapie par l’animal

Après le lycée, cette fada de SVT s’est lancée dans une fac de biologie. Mais les sciences de la vie ne sont pas la majeure partie des cours… Les études de cas sur les vers de terre l’ont bien moins passionnée que l’éthologie (études scientifiques du comportement animal), si bien qu’une réorientation s’est imposée, en psychologie. À cette époque, l’équithérapie est devenue une évidence. Entre deux cours de fac, Maud s’est ainsi formée à la médiation par l’animal, histoire d’aller toujours plus loin dans sa démarche. « Un jour, une prof’ de fac est arrivée en cours avec son chien. C’est là que j’ai réalisé qu’on pouvait faire de la médiation avec les petits animaux, raconte-t-elle. Alors j’ai commencé à travailler là-dessus avec des lapins, des cochons d’Inde, un hamster… » Au début de cette aventure, il y a six ou sept ans, beaucoup de personnes et de structures de santé l’ont regardée avec des yeux ronds. Utiliser les animaux comme support thérapeutique pour aider les individus en souffrance psychologique et/ou physique ? En voilà une idée à la fois étrange et intéressante. De porte en porte, d’Ehpad en écoles, la Tourangelle s’est attelée à construire son propre réseau. Et ça a fonctionné, son planning s’est rempli à une vitesse fulgurante. « Au contact d’un animal, le comportement change, affirme la jeune femme tout en gratouillant le front d’un de ses chiens. On connaît ce bienfait depuis des décennies même si on l’avait un peu oublié. »

Après son master en psycho, Maud a vécu à Angoulême. Elle y a recréé un réseau, mais, après deux ans, est revenue sur le territoire tourangeau. Fatiguée de devoir recommencer à chaque fois, elle a alors décidé de faire des petits boulots « normaux ». Mais elle a découvert qu’elle ne coche aucune case dans les compétences recherchées par les employeurs. Rien ne lui correspondait. Finalement, soutenue par une amie d’enfance, elle a tenté de se relancer, pour la troisième fois, « la dernière ». Une fois de plus, le succès est arrivé et, en à peine un an, ses journées se sont chargées de médiation animale. Un bonheur pour la jeune femme qui s’est donc installée à Berthenay, à la campagne, avec ses deux chiens et son petit chat.

« Au contact d’un animal, le comportement change »

Aider les autres

Comme si cela ne suffisait pas à remplir son être, Maud s’est renseignée, en même temps, sur l’éducation et la compréhension des chiens. Car plus que la médiation, le lien avec l’animal importe. « J’ai voulu aider les personnes avec leurs chiens, leur apporter des réponses à tel ou tel comportement de l’animal », explique-t-elle. L’année dernière, elle a suivi une formation de comportementaliste animal afin de compléter ses activités en adéquation avec ses pensées. Et, depuis quelques mois, sa petite entreprise ne connaît pas la crise. La demande est réelle et la jeune femme va à droite, à gauche, pour rencontrer les propriétaires, les animaux, tout en continuant la médiation animale dans des structures telles que les Ehpad et les centres de loisirs. Les semaines semblent presque trop courtes pour caler tous les rendez-vous. D’autant que Maud est également sapeur-pompier volontaire depuis plusieurs années. Quand elle n’a pas de consultation ou qu’elle ne court pas avec ses chiens dans sa jolie campagne, elle peut être appelée à tout moment sur un événement. Même la nuit. Car si elle demeure comportementaliste et médiatrice animale, sa proximité avec les gens la porte, l’amène à se dépasser, à être à l’écoute. Le fil rouge de sa vie ? Être ici, au temps présent, lorsque les autres, Hommes et animaux, en ont besoin. 

Les Brèves

  • SOUVENEZ-VOUS...

    Il y a quelques dizaines d’années, le mot d’ordre concernant l’emploi, c’était la mobilité. On s’ingéniait à culpabiliser les chercheurs d’emploi en leur expliquant qu’il n’était plus de mise de rester dans sa ville natale, qu’il ne fallait plus espérer trouver dans sa périphérie le travail rêvé. On créa même des aides spécifiques pour accompagner les chercheurs d’emploi dans cette démarche. Et logiquement, les familles se sont éparpillées, par nécessité.

    Reste qu’aujourd’hui, les familles sont tellement éclatées que la cellule familiale s’est réduite fortement, au point de se réduire parfois à sa plus simple expression monoparentale.

    En zone rurale, où l’emploi est devenu peu à peu une coquille vide, on a mis en place un grand plan de développement de la fibre pour permettre la création d’entreprises ou l’installation de sociétés à la recherche d’un autre d’environnement, plus vrai, plus sauvage et... à un prix bien plus modeste que dans les mégalopoles. Ce ne fut pas toujours une réussite, mais parfois le pari a été réussi.

    En zone périurbaine, on a construit lotissements sur lotissements. Alors on s’est éloigné de plus en plus pour avoir un prix au mètre carré acceptable, grignotant inexorablement sur les terres agricoles, parcelles par parcelles. Et l’on pouvait entendre le vendeur vous dire : « mais vous êtes à quelques minutes du centre par la nationale ou l’autoroute ! », laquelle était opportunément construite pour desservir ces nouveaux hameaux.

    On a construit un monde qui est à l’opposé de ce développement durable dont on nous rebat les oreilles. On a construit sans se préoccuper des valeurs fondamentales de la famille ; on a bâti un monde énergivore dans la lancée des Trente Glorieuses, un monde consommateur de déplacement. Et maintenant, on voudrait en deux ans changer cinquante ans d’erreurs dans l’aménagement de notre territoire. Et mieux encore : on voudrait changer cela en multipliant les actes punitifs à l’endroit des

    Français ! Moi, je dis bravo...

Les Brèves

    MAUD GUILLAUMINAUD : LA MEILLEURE AMIE DES P’TITES BÊTES

    Chaque jour, cette Tourangelle semble ne faire qu’un avec les animaux qu’elle côtoie. Elle cherche à les comprendre, à échanger avec eux, pour leur bien-être comme pour celui de leurs propriétaires. Rencontre entre deux promenades en bord de Loire. Claire Seznec

    À l’Ouest de Tours, en suivant la Loire, l’automne est là, avec ses couleurs orangées. Au beau milieu des champs, une petite maison tout en hauteur va nous ouvrir ses portes. On y est accueilli par deux chiens sautillants, déjà prêts à faire la fête. Leur propriétaire, Maud Guillauminaud, les calme d’un ton assuré. Cela semble presque facile ; mais la jeune femme a des années de pratique derrière elle. Fille unique, elle s’est amusée, petite, à réaliser des tours d’agilité aux trois chiens de la famille. « Je coupais des croquettes en morceaux pour les récompenser, se souvient-elle. J’ai dû les soûler avec mes jeux ! » En faisant ça, Maud a tenté de comprendre ces canidés, de communiquer au mieux avec eux. Ses années d’équitation l’ont aussi amenée à s’intéresser aux autres animaux et, surtout, à s’entourer d’eux.

    La thérapie par l’animal

    Après le lycée, cette fada de SVT s’est lancée dans une fac de biologie. Mais les sciences de la vie ne sont pas la majeure partie des cours… Les études de cas sur les vers de terre l’ont bien moins passionnée que l’éthologie (études scientifiques du comportement animal), si bien qu’une réorientation s’est imposée, en psychologie. À cette époque, l’équithérapie est devenue une évidence. Entre deux cours de fac, Maud s’est ainsi formée à la médiation par l’animal, histoire d’aller toujours plus loin dans sa démarche. « Un jour, une prof’ de fac est arrivée en cours avec son chien. C’est là que j’ai réalisé qu’on pouvait faire de la médiation avec les petits animaux, raconte-t-elle. Alors j’ai commencé à travailler là-dessus avec des lapins, des cochons d’Inde, un hamster… » Au début de cette aventure, il y a six ou sept ans, beaucoup de personnes et de structures de santé l’ont regardée avec des yeux ronds. Utiliser les animaux comme support thérapeutique pour aider les individus en souffrance psychologique et/ou physique ? En voilà une idée à la fois étrange et intéressante. De porte en porte, d’Ehpad en écoles, la Tourangelle s’est attelée à construire son propre réseau. Et ça a fonctionné, son planning s’est rempli à une vitesse fulgurante. « Au contact d’un animal, le comportement change, affirme la jeune femme tout en gratouillant le front d’un de ses chiens. On connaît ce bienfait depuis des décennies même si on l’avait un peu oublié. »

    Après son master en psycho, Maud a vécu à Angoulême. Elle y a recréé un réseau, mais, après deux ans, est revenue sur le territoire tourangeau. Fatiguée de devoir recommencer à chaque fois, elle a alors décidé de faire des petits boulots « normaux ». Mais elle a découvert qu’elle ne coche aucune case dans les compétences recherchées par les employeurs. Rien ne lui correspondait. Finalement, soutenue par une amie d’enfance, elle a tenté de se relancer, pour la troisième fois, « la dernière ». Une fois de plus, le succès est arrivé et, en à peine un an, ses journées se sont chargées de médiation animale. Un bonheur pour la jeune femme qui s’est donc installée à Berthenay, à la campagne, avec ses deux chiens et son petit chat.

    Aider les autres

    Comme si cela ne suffisait pas à remplir son être, Maud s’est renseignée, en même temps, sur l’éducation et la compréhension des chiens. Car plus que la médiation, le lien avec l’animal importe. « J’ai voulu aider les personnes avec leurs chiens, leur apporter des réponses à tel ou tel comportement de l’animal », explique-t-elle. L’année dernière, elle a suivi une formation de comportementaliste animal afin de compléter ses activités en adéquation avec ses pensées. Et, depuis quelques mois, sa petite entreprise ne connaît pas la crise. La demande est réelle et la jeune femme va à droite, à gauche, pour rencontrer les propriétaires, les animaux, tout en continuant la médiation animale dans des structures telles que les Ehpad et les centres de loisirs. Les semaines semblent presque trop courtes pour caler tous les rendez-vous. D’autant que Maud est également sapeur-pompier volontaire depuis plusieurs années. Quand elle n’a pas de consultation ou qu’elle ne court pas avec ses chiens dans sa jolie campagne, elle peut être appelée à tout moment sur un événement. Même la nuit. Car si elle demeure comportementaliste et médiatrice animale, sa proximité avec les gens la porte, l’amène à se dépasser, à être à l’écoute. Le fil rouge de sa vie ? Être ici, au temps présent, lorsque les autres, Hommes et animaux, en ont besoin. 

    Les Brèves

    • SOUVENEZ-VOUS...

      Il y a quelques dizaines d’années, le mot d’ordre concernant l’emploi, c’était la mobilité. On s’ingéniait à culpabiliser les chercheurs d’emploi en leur expliquant qu’il n’était plus de mise de rester dans sa ville natale, qu’il ne fallait plus espérer trouver dans sa périphérie le travail rêvé. On créa même des aides spécifiques pour accompagner les chercheurs d’emploi dans cette démarche. Et logiquement, les familles se sont éparpillées, par nécessité.

      Reste qu’aujourd’hui, les familles sont tellement éclatées que la cellule familiale s’est réduite fortement, au point de se réduire parfois à sa plus simple expression monoparentale.

      En zone rurale, où l’emploi est devenu peu à peu une coquille vide, on a mis en place un grand plan de développement de la fibre pour permettre la création d’entreprises ou l’installation de sociétés à la recherche d’un autre d’environnement, plus vrai, plus sauvage et... à un prix bien plus modeste que dans les mégalopoles. Ce ne fut pas toujours une réussite, mais parfois le pari a été réussi.

      En zone périurbaine, on a construit lotissements sur lotissements. Alors on s’est éloigné de plus en plus pour avoir un prix au mètre carré acceptable, grignotant inexorablement sur les terres agricoles, parcelles par parcelles. Et l’on pouvait entendre le vendeur vous dire : « mais vous êtes à quelques minutes du centre par la nationale ou l’autoroute ! », laquelle était opportunément construite pour desservir ces nouveaux hameaux.

      On a construit un monde qui est à l’opposé de ce développement durable dont on nous rebat les oreilles. On a construit sans se préoccuper des valeurs fondamentales de la famille ; on a bâti un monde énergivore dans la lancée des Trente Glorieuses, un monde consommateur de déplacement. Et maintenant, on voudrait en deux ans changer cinquante ans d’erreurs dans l’aménagement de notre territoire. Et mieux encore : on voudrait changer cela en multipliant les actes punitifs à l’endroit des

      Français ! Moi, je dis bravo...