Les Brèves

    7 candidats se sont déclarés

    Les campagnes pour les élections municipales de 2020 commencent doucement. À Tours, sept candidats sont déclarés. Parmi eux, trois demandent l’investiture ou le soutien de La République En Marche. D’autres attendent le mois de janvier pour annoncer leur tête de liste. propos recueillis par claire seznec


    Dimanche 15 mars 2020, les Tourangeaux vont passer dans les isoloirs pour voter le premier tour des élections municipales. À Tours, plusieurs candidats se sont déjà déclarés depuis le mois d’avril dernier.

    D’un côté, les sans étiquettes politiques (Xavier Dateu, Nicolas Gautreau, Philippe Lacaïle, Michael Cortot) jouent des coudes pour se faire une place. Ils sont soutenus par des associations, et parfois orientés plus à droite ou plus à gauche de l’échiquier politique ; ils sont d’autres fois soutenus par d’autres élus ou par la société civile.

    De l’autre côté, les candidats affiliés à un parti politique commencent à se lancer. Pour l’heure, le candidat du Rassemblement National n’est pas encore connu officiellement tout comme ceux du Parti Socialiste, d’Europe-Écologie Les Verts, de la France Insoumise et de Lutte Ouvrière. Néanmoins, les socialistes de l’association En Avant Tours (Jean-Patrick Gille, Cathy Munsch-Masset, Dominique Nouet) tendent la main pour une union de toutes les forces de gauche.

    Du monde pour En Marche

    Quant au parti politique du gouvernement, La République En Marche, la commission nationale d’investiture n’a pas encore rendu sa décision. Elle devrait l’être dans le courant du mois de septembre. Benoist Pierre et Françoise Amiot ont déposé leurs dossiers et lancé leurs campagnes respectives. Reste que le député Philippe Chalumeau soutient Benoist Pierre.

    Christophe Bouchet, l’actuel maire, a demandé, au moins, le soutien du mouvement mais il estime que ce ne soit « pas le moment » pour lui de se mettre en campagne électorale, précisant « faire avancer la Ville de Tours pour l’instant ». D’après les informations de nos confrères de 37° et Info Tours, la commission nationale d’investiture aurait confronté B. Pierre et C. Bouchet pour voir si une conciliation était possible entre les deux candidats. Mais aucun accord n’a abouti. 

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    • Découvrez les candidats

      Sept candidats se sont déclarés en vue des élections municipales de Tours, dont un qui ne souhaite pas communiquer pour l’heure. Dans les pages suivantes, vous trouverez chaque tête de liste déclarée par ordre alphabétique afin de découvrir qui ils sont et ce qu’ils veulent mettre en place pour la ville de Tours.

      Pour réaliser ces interviews, nous avons rencontré chaque individu pendant une heure et demie. Les questions posées ont toujours été les mêmes.

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      « L’une des urgences demeure le climat »

      Françoise Amiot

      Candidate à l’investiture La République En Marche – Association Tours à venir


      Qui êtes-vous ?

      Née en Bourgogne, je me suis pleinement installée en Touraine en 1983. Commissaire aux comptes, j’ai créé mon cabinet en 2008 et j’ai enseigné pendant trente ans, notamment à Sciences-Po Paris. J’ai plein de passions et d’intérêts, ce qui m’a amenée et m’amène à m’engager dans des associations. En 2008, j’ai rejoint l’opposition à la mairie de Tours. Puis, en 2014, j’ai été en charge du pôle financier, urbanisme, patrimoine et Ville de Tours. En janvier 2017, j’ai rejoint LREM.

      Pourquoi vous présentez-vous aux élections municipales de Tours en 2020 ?

      Après avoir rejoint En Marche, j’ai créé l’association Tours à venir qui regroupe des citoyens dans une démarche de rassemblement. On n’y manque pas d’idées pour l’accessibilité, pour l’économie, pour la culture. Cela fait deux ans que je prépare ces élections municipales en tant que marcheuse de conviction. J’ai toujours été sur le rang.

      Quels sont les grands axes de votre campagne ?

      Tout part d’une colonne vertébrale qui se décline, ensuite, en priorités. Le socle de toute réflexion est l’égalité, la solidarité et le caractère inclusif de toutes les propositions engagées. Le tout doit garantir la sécurité des citoyens, leur tranquillité de vie. L’une des urgences demeure le climat et l’écologie. Il est indispensable de réhabiliter et de rénover l’habitat existant et le parc social. Il existe des matériaux durables pour cela. La ville doit être verdie. Les mobilités doivent être repensées pour être plus douces. Ce n’est pas spectaculaire mais une municipalité doit être capable de tenir des engagements, pas vendre du rêve. Il faut avoir les moyens de ses ambitions. Les citoyens sont pragmatiques et voient leur quotidien.

      Existe-t-il un enjeu particulier dans ces élections ?

      Soit on reste dans une politique politicienne. Soit on donne la parole aux Tourangeaux pour faire vivre un projet qu’on construit ensemble. J’ai l’ambition de pouvoir relancer cette ville, de la projeter avec des éléments de projets, au-delà des clivages politiques. La bienveillance est une notion un peu oubliée dans la politique locale mais elle est essentielle. On avance par l’écoute des citoyens.

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          « Il est temps de réveiller Tours »

          MickaËl Cortot

          Sans étiquette – Association Projet citoyen pour tous


          Qui êtes-vous ?

          J’ai été professeur de maths mais j’ai changé de voie il y a dix ans afin de faire de la politique. J’ai notamment été premier secrétaire fédéral du PS, que j’ai quitté il y a quatre ans, et je travaille maintenant au Conseil régional.

          Pourquoi vous présentez-vous aux élections municipales de Tours en 2020 ?

          À la fin de l’année 2017, après la séquence électorale de la présidentielle et l’explosion des partis, j’ai créé l’association Projet citoyen pour tous, indépendante mais aux valeurs humanistes de gauche, pour amorcer une réflexion sur les municipales. L’idée est de sortir du cadre de la politique traditionnelle et d’écouter, de dialoguer avec la population lors de réunions d’appartement, en petit comité.

          Quels sont les grands axes de votre campagne ?

          Les priorités ressorties de ces réunions fondent notre projet municipal. Tout d’abord, il y a la question des mobilités : nous aimerions créer les conditions pour la gratuité des transports publics d’ici la fin du prochain mandat mais aussi créer une continuité et une sécurité pour les voies douces (vélo, piétons). On imagine développer entièrement une surface piétonne entre la cathédrale et les Halles. Il en découle la plantation d’arbres dans les rues, par exemple rue Marceau et place de la Résistance. C’est indispensable de multiplier les espaces végétalisés. Pour travailler les projets, nous souhaitons développer la co-construction avec les citoyens grâce à un budget participatif. Une charte des élus locaux, avec une baisse des indemnités de 10 %, est également envisagée. On voudrait mettre en place le non-cumul des mandats car un élu doit être investi à 100 % dans sa mission.

          Existe-t-il un enjeu particulier dans ces élections ?

          Il est temps de réveiller Tours et sa métropole. On aime cette ville, on veut qu’elle progresse du nord au sud. La municipalité a des leviers importants pour l’aider à retrouver son dynamisme et sa dynamique. C’est ce qui manque aujourd’hui. Il y a un vrai travail à faire avec la métropole pour donner à certains projets un intérêt territorial tout en restant moteur.

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              « La réflexion doit être globale »

              Xavier Dateu

              Sans étiquette


              Qui êtes-vous ?

              Je suis Tourangeau et, depuis 1981, je suis plutôt du centre libéral droit. En 1989, je suis entré au cabinet de Jean Royer. En 2014, j’ai été adjoint aux sports en 2014 avec Serge Babary. J’ai quitté la majorité municipale lorsque Christophe Bouchet a été élu, en interne, pour devenir maire de Tours. En 2015, j’ai été élu Conseiller départemental d’Indre-et-Loire. Aujourd’hui, je n’appartiens à aucun parti mais je fais partie du mouvement Territoire.

              Pourquoi vous présentez-vous aux élections municipales de Tours en 2020 ?

              Ça fait 35 ans que je suis dans le champ politique tourangeau. À la différence de certains, j’ai été élu au suffrage universel direct et ai un rapport important avec la population du fait de mon rôle de conseiller départemental. De rêve en ambition, j’ai donc décidé de briguer le mandat de maire de Tours. D’autant qu’il faut que ça change dans la majorité municipale… On est en pleine crise.

              Quels sont les grands axes de votre campagne ?

              Il y a trop de bazar dans les projets actuels. Tout est contesté, faute de discussions. Pour tout remettre à plat, la municipalité doit se donner six mois, le temps d’un moratoire sur l’urbanisme et les projets immobiliers : on doit poser un diagnostic et réhabiliter l’existant et les 8 000 logements vacants. Évidemment, une des priorités est d’apaiser les conflits entre les élus et la population grâce à des échanges francs et un vrai investissement des élus locaux. Pour ça, un budget participatif sera alloué dans chaque canton de la ville. La réflexion doit être globale, avec les acteurs des quartiers, sur les transports, les écoles, l’alimentation locale, l’écologie. C’est du bon sens qu’il faut ensuite traduire en actes.

              Existe-t-il un enjeu particulier dans ces élections ?

              Une bonne fois pour toute, il faut faire de Tours la première entrée touristique du Val de Loire, qui est le 3e territoire touristique de France. Pour ça, la place de l’aéroport doit être confortée et développée. Cette structure est un lever économique important qui peut permettre le développement des restaurants, des hôtels, des commerces. C’est une pépite.

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                  « On doit entrer dans une logique métropolitaine »

                  Nicolas Gautreau

                  Sans étiquette – Les Indépendants


                  Qui êtes-vous ?

                  Je suis professeur d’histoire. Je préside également l’association des parents d’élèves du Conservatoire de Tours. Dans ma vie politique, j’ai été adjoint de Jean Germain mais j’ai aussi siégé au Département d’Indre-et-Loire. Aujourd’hui, je suis conseiller municipal d’opposition, dans le groupe Les Démocrates, à la mairie de Tours. Cependant, ma candidature aux municipales n’a aucun filtre de parti politique. Je travaille avec des Tourangeaux implantés dans le privé, le public, l’associatif, le commerce.

                  Pourquoi vous présentez-vous aux élections municipales de Tours en 2020 ?

                  Pour une raison principale : le bilan municipal des six années passées est calamiteux. Il y a eu des réalisations positives, mais trop peu. Il y a eu un maire élu et aussi parti au Sénat. Ça fait longtemps que je voulais partir sur un projet dénué de parti politique. Ça se fait dans les petites communes alors pourquoi pas à Tours ? On en est capable.

                  Quels sont les grands axes de votre campagne ?

                  Les quatre axes portés par Les Indépendants sont la définition même du développement durable, un domaine où Tours n’est clairement pas à la hauteur : le développement économique, l’écologie, la solidarité sociale et générationnelle, et enfin la démocratie participative. Ça paraît simple mais il faut repenser tout le travail collectif afin de tenir compte de la vie quotidienne des Tourangeaux. C’est ensemble, soudé, en cohérence, qu’on fera les choses. Les citoyens élisent une équipe municipale. Il faut donc suivre leurs avis, même s’ils ne sont pas à 100 % d’accord avec les propositions. Reculer sur un projet n’est pas un problème quand on concerte la population en même temps.

                  Existe-t-il un enjeu particulier dans ces élections ?

                  Tours est en concurrence directe avec des villes comme Angers et Orléans. Cette dernière, récemment métropole, ne nous fait pas de cadeau ! On doit entrer dans une logique métropolitaine. La Ville de Tours se doit d’être motrice. C’est fondamental, d’autant que la ville est endettée. Il existe des marges de manœuvres intelligentes à mettre en œuvre, sans se déchirer pour des étiquettes politiques. 

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                      « Il faut améliorer les conditions de vie »

                      Philippe Lacaïle

                      Sans étiquette - Association Tours en Mouvement


                      Qui êtes-vous ?

                      Je suis né à Tours, dans le quartier populaire de la Bergeonnerie. J’ai fait mes études à Paris, à Sciences-Po puis à l’ENA. Début 1990, j’ai été haut fonctionnaire auprès du ministère de l’Intérieur puis auprès du ministère des Transports. Entre 2000 et 2014, j’ai été nommé Directeur général des services à Tours Plus (NB : l’équivalent de la métropole de Tours aujourd’hui) et de la Ville de Tours. J’ai notamment porté le projet de la première ligne de tramway.

                      Pourquoi vous présentez-vous aux élections municipales de Tours en 2020 ?

                      Il y a un an et demi, j’ai créé l’association Tours en Mouvement avec des acteurs de la société civile. Ensemble, nous avons dressé le bilan des politiques publiques de la Ville et avons proposé un projet pour Tours, en dehors des clivages politiques gauche-droite. Il s’agit de redonner une vision, un fil conducteur, pour la ville. On peut faire beaucoup de choses. Pour cela, il faut faire entrer des jeunes dans la politique locale et opérer un renouvellement profond.

                      Quels sont les grands axes de votre campagne ?

                      Le projet tourne autour de questions essentielles comme le logement, les transports, les écoles. Il a été élaboré en trois axes majeurs : permettre la transition écologique pour faire de Tours une ville « zéro carbone » ; mettre en place une démocratie participative avec un budget participatif d’environ 1,5 million d’euros par an ; et développer le soutien à l’Université, notamment pour la recherche et le développement. Je n’ai pas une approche politicienne. Il faut améliorer les conditions de vie des Tourangeaux et faire de Tours une ville où il fait bon vivre, où on peut sortir, se loger convenablement, trouver du travail.

                      Existe-T-il un enjeu particulier dans ces élections ?

                      Oui, celui de la place de la Ville de Tours dans la métropole. Aujourd’hui, on a le sentiment qu’elle est déconnectée des décisions de Tours Métropole Val de Loire. Il n’y a pas assez de projets en commun ; le maire de Tours n’est pas le président de la métropole.

                      On doit revenir à une vision globale et ça passe aussi par l’administratif, actuellement scindé en deux : des agents pour Tours, des agents pour Tours Métropole, tous travaillant sur les mêmes sujets mais sans concertation.

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                          « Nous devons créer une ville paisible »

                          Benoist Pierre

                          Candidat à l'investiture La république en marche


                          Qui êtes-vous ?

                          Je viens du Gâtinais mais j’ai fait mes études au lycée Descartes, à Tours. À l’époque, j’ai eu une véritable fascination pour cette grande ville. Cela fait 32 ans que j’y vis. Je suis l’un des doyens de l’Université de Tours, j’y enseigne l’histoire. Je suis également coordinateur du comité En Marche d’Indre-et-Loire.

                          Pourquoi vous présentez-vous aux élections municipales de Tours en 2020 ?

                          Je suis d’abord candidat à l’investiture En Marche car je fais partie de ce mouvement qui m’a fait prendre conscience que chaque citoyen peut jouer un rôle et prendre ses responsabilités. Je veux servir la ville, soutenu par un collectif et par les citoyens. Il faut de la volonté politique, il faut aller plus loin. Il faut projeter Tours plus haut tout en respectant son socle historique. La ville a des atouts, des potentiels à développer.

                          Quels sont les grands axes de votre campagne ?

                          La première chose à faire est de créer une méthode de travail. Nous devons davantage impliquer les citoyens dans le processus de délibérations pour avoir une vue d’ensemble, sans adversité. Ensuite, un constat est à dresser : Tours est une belle ville mais elle n’est pas au niveau d’une métropole, ni en dynamisme économique ni en écologie. Au quotidien, il faut caractériser les disparités entre les quartiers afin d’accompagner et de protéger les citoyens que ce soit en termes de sécurité, de bien-être, de tranquillité publique. Enfin, les Tourangeaux doivent cultiver l’art de vivre ensemble. Nous devons créer une ville paisible, une ville bienveillante, une ville de partage.

                          Existe-t-il un enjeu particulier dans ces élections ?

                          Je crois beaucoup aux partis mais ils doivent s’organiser autrement, en faisant des passerelles entre les mouvements et les fameux partis, en s’intégrant les uns les autres. Un autre élément est à prendre en compte : les gens ont envie de participer. Nous devons trouver comment faire. L’expérience d’usage des citoyens peut permettre de dégager des éléments en dehors d’une quelconque idéologie politique. Certes, on ne peut pas contenter tout le monde mais on peut arriver à un consensus. L’ambition est vraiment de porter un collectif large, de droite, de gauche, de la société civile.

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